Z6 Preuves de la
vous connoissiez la fuite, ne font que des Auto-l
mater.
Mai* , si vous en etiez reduits-là , je voustrouverois bien mal en vos affaires: car qu’y a t-il -de plus significatif dans les paroles . que dansplusieurs autres choses? Et ne peut-ilpasy avoirde la faite & une fuite aussi marquée entre lesautres signes qu'entre les paroles ? Vous sçavezce qu'on raconte des Muets dti Grand-Seigneur,avec quelle promptitude ils conçoivent ses pen-sées , 8c lui font entendre les leurs. On a veû jde rout tcms, & on voit encore par tout d’au- !ires muets avec lesquels on s’entretient aussi ai-sément que s'ils avoient l’ufage de la parole.On convient avec eux des signes, 8c de leurssignification , comme les hommes fout conve-nu? entre eux des sons 8c de leur signification,-Après quoi, si j'ose m'exprimer ainsi, il íe faitdes propositions, 8c des raifonnemens compo-sés de signes & de gestes, qui ont du rapport jles uns avec les autres, 8t en un mot cette fui-te parfaite, par laquelle on se convainc de iaraison de ceux entre lesquels on remarque cecommerce, ou avec qui on l’entretienr.
Ainsi les sons produits par la langue, c’est-à-dire ,les paroles, quand elles font suivies 8c rapportan-tes les unes aux autres, ne font pas plu* des ÍÌ-gnesde sentiment 8c de connoissance.que les roou-vemens des mains, de la tête , des yeux , queles gestes 8c toutes les manières extérieures; quandon y voit pareillement cette fuite, 8c ce rapport,mutuel ; quand on les voit ,tendre à une fin déter-minée. Et c’est fur ce principe que tout Cartésienque vous êtes vous faites Iajuslice on la grâce à uneinfinité d'hommes,f»ns les entendre parier, fanssçavoir leur langue, & à tous les muets, de ne
les