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Voyage du monde de Descartes / par le P. G. Daniel
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Sb Preuve* de la

de sensation ; c’est à dire, de voir, d'entendre-,6ìc. elì aussi claire que la définition Cartésiennede l'esprit, une substance qui pense c? qui rai-sonne.

Les Cartésiens nieront il* la possibilité de cet-te eíj èce d'ètre, capable uniquement de sensa-tion? Et cù est ce respect que leur maître a tas-'ché de leur inspirer pour la toute-puissance d’unDieu, qui peut faire ,selon lui, qu’un triangle n’aitpas trois angles, & que deux & deux ne fassentpas quatre qui cependant n’auroit pû taire unêtrW qui n’eút que des sensations? La divisionqu'iis tont des êtres en esprits 6tcn corps, tans ad-mettre nul milieu, suppose la vérité de* idéesqu'sis se font de l’esprit & du corps, & qu’iisprétendent être claires & essentielles. Mais quede dissicultez ne leur a-t-on point fait à cetteoccasion? Combien leurs reponses en cnt-ellesfait naître de nouvelles qu’on n’a jamais réso-lues d une maniéré à élever tous les scrupulesdes personnes, qui cherchent le plus sincèrementla vérité? Marque infaillible que ce* idées nesont pas telle* qu’on les vante.

Dire que le corps est une,substance étendue,il est vrai que cette idée est claire. En enten-dant ces paroles je conçois très distinctement cequ'on me dit. Mais ce qui ne m'est pas clair,c'est que cette idée iòitl'iJée de l’tss.nce du corps& de la matière. Et voila ce que non seule- jment on ne prouve point, mais même ce qu’on !peut détruire par des argumens tiès forts, & in-vincibles. Car la vérité ou la fausseté d’une idée §essentielle, ne se prouve que par la liaison oula répugnance qu’eile a avec tous les attributs dela choie, dont on veut qu’élle représente l’es-sence. Que û este ne s’accorde pas avec quel-qu;