DES PONTS. 189
compose ; et en vertu de cet équilibré il n’arrive pas ordinai-rement de changements bien remarquables dans la grandeur nidans la forme de ce lit, qui conserve toujours à-peu-près lemême régime. Mais si, par l’effet d’une cause quelconque, laforce avec laquelle l’eau tend à corroder et à détruire le fond etles bords de son lit est augmentée, le lit sera forcé de s’agrandirjusqu’à ce que l’équilibre se soit établi de nouveau, à moins queles parois ne soient composées de matières qui présentent unerésistance plus considérable que la force avec laquelle elles sontattaquées. Si la vîtessee du fleuve avait au contraire éprouvé' unediminution, le lit se comblerait par l’effet de dépôts successifs,jusqu’à ce que la grandeur de la section fut redevenue telle quecette vitesse fût avec la résistance du fond précisément dans lerapport marqué par la nature pour la stabilité du régime dufleuve.
Il résulte de ces principes que si on diminuait la largeurd’une rivière par des travaux faits dans son lit, la vitesse étantforcée de s’accroître, il se formerait un remous et une chûte,les eaux réagiraient sur le fond, et le lit s’approfondirait jusqu ace que l’accroissement de la section combiné avec celui de lavitesse fût capable de compenser la diminution de largeur que lefleuve aurait éprouvée, et jusqu’à ce que cette vitesse se retrou-vât en équilibre avec la résistance du fond. ^ on venait aucontraire à augmenter la largeur du lit, la vitesse étant forcéede diminuer, ce lit tendrait à se combler.
Il est donc très - essentiel en construisant un pont d avoirégard à la vitesse que les eaux prendront sous ses voûtes : il nefaut pas que cette vitesse augmente assez pour les obliger à atta-quer le fond de la riviere, et à affouiller les fondations des piles
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