igo CONSTRUCTION
et des culées, et il ne faut pas non plus quelle soit sensible-ment diminuée, parce qu’alors on aurait donné inutilement aupont une longueur trop considérable, et que cette diminutionpourrait occasioner des dépôts qui deviendraient dangereux parla suite.
Il y a, Relativement à ce sujet, quelques distinctions à faire àl’égard de la nature du terrain dont le fond du fleuve est com-posé. S’il est excessivement compact et tenace, et qu’il approchedu rocher, il ne pourra point ceder sensiblement à l’action del’eau, et quelle que soit alors sa vitesse, on n’a point à craindreque le pont soit affouillé. La seule chose à observer ici, est queles eaux ne peuvent pas prendre une grande vitesse sans qu’il seforme à l’amont du pont un remous plus ou moins considérable,et qui, dans des cas où le débouché serait extrêmement resserré,pourrait peut-être produire des inondations dans la partie supé-rieure du fleuve, et en rendre la navigation difficile. Si le fondest composé d’une matière que l’eau puisse facilement attaquer,il faudra avoir soin que sa vitesse ordinaire ne soit pas sensible-ment augmentée. Enfin si le terrain cédait à l’action de l’eau avecune telle facilité que l’on pût craindre que dans une crue le cou-rant vînt se porter sp&S "quelques arches et y creuser le fond,tandis qu’il dép^sérait en même temps du sable dans d’autres,ce serait le cas de construire un radier général : alors le fond,en présentant par-tout la même résistance à l’action du courant,l’obligerait à se régulariser et à se distribuer également sur toutela largeur de la riviere, et, tant que le radier subsisterait, onn’aurait point à craindre qu’aucune des piles pût être affouillée.
On voit par ce qui précédé que la vitesse que l’eau doit prendresous le pont doit être, dans tous les cas, déterminée d’avance,