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Mais pour fixer d’avance la hauteur du remous que l’on pourralaisser former à l’amont du pont, il faudrait être à même deprévoir les changements qu’il occasionnera dans la hauteur deseaux du fleuve , et les inondations qui pourraient en résultersur ses bords. Il est facile de voir que la surface de ces eaux qui,avant la construction du pont, et dans l’hypothese d’une penteuniforme se confondait sensiblement avec un plan incliné, devien-dra une surface concave qui, à l’amont du pont, sera tangente àun plan horizontal et qui, au lieu où le remous cessera de sefaire sentir, sera tangente au plan de leur surface primitive.On ne peut déterminer en général la nature de cette surface ; etdans le cas même où l’analyse offrirait pour*cet objet des res-sources suffisantes, la solution du problème pourrait rarementêtre employée dans la pratique, à raison des irrégularités que lecours des fleuves offre presque toujours. Mais il n’est pas dou-teux que la formation d’un remous à l’amont d’un pont nepouvant produire que des inconvénients, soit par rapport à lasolidité de l’édifice, soit à raison des difficultés qu’il oppose àla navigation, ou des inondations qu’il peut causer, il ne soittrès-essentiel en général de le rendre aussi peu considérablequ’il est possible.
On a dit ci-dessus qu’il était dangereux de donner à la riviereun trop grand débouché : il pourrait effectivement, dans ce cas,se former sous quelques arches des attérissements qui, ayantacquis avec le temps assez de consistance pour résister à factiondu courant, obligeraient dans une grande crue les eaux a seporter de préférence sous les arches qui seraient restées libres,et exposeraient leurs piles à être affouillées. II faut en généraléviter, par une raison semblable, de composer un pont de deux