DES PONTS.
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CHAPITRE IY.
DE L’ÉPAISSEUR QU’ON DOIT DONNER AUX CULÉES
DES PONTS.
On a réservé pour ce chapitre le développement de la théoriedes voûtes en berceau, parce que la question que l’on y traiteest la plus importante de toutes celles que cette théorie sert àrésoudre. Mais avant de la mettre sous les yeux du lecteur, onva rapporter succinctement les principales recherches auxquelleselle a donné lieu.
Parent et de Lahire paraissent être les premiers savants quis’en soient occupés , et la forme qu’il convient de donner auxvoûtes est la première question qu’ils aient tenté de résoudre.Mais comme on n’avait pas encore observé à cette époqueles effets de la poussée, et la maniéré dont se fait la rupturedes voûtes, on employa , pour appliquer le calcul, des hypo-thèses fausses, et qui ne s’accordaient point avec les véritablescirconstances que présente cette rupture. On supposa d’abordque les plans de joint des voussoirs étaient parfaitementpolis. Il résulte de-là que , pour que les parties de la voûtese soutiennent en équilibre, il faut que les pressions réci-proques que les voussoirs exercent perpendiculairement a leurslits se détruisent mutuellement. D'après cela, il est facile,l’épaisseur de la voûte au sommet étant donnée , ainsi que la