3a-4 CONSTRUCTION
On voit que les résultats compris dans ce tableau sont beaucoupau-dessous des dimensions ordinaires, et que la théorie précédentefondée sur les faits le mieux constatés, indique cependant desépaisseurs beaucoup moins considérables que celles qu’on a crujusqu a présent devoir donner aux culées des ponts. On retrouveici une de ces contradictions apparentes entre la théorie et lapratique, dont les arts offrent beaucoup d’exemples.
Pour la faire disparaître, nous observerons que l’analyse pré-cédente suppose nécessairement que les différentes portions de lavoûte forment des masses solides dont toutes les parties sontparfaitement liées entre elles , et ne peuvent éprouver aucuntassement. Elle suppose également que les culées sont établiessur une base entièrement incompressible, et que, dans la chutede la voûte, ces culées tourneraient, sans se disjoindre, autour
de leur arrête extérieure. Ces suppositions sont, en général, bien
éloignées de la vérité. La chûte d’un pont ne pourrait gueresarriver sans qu’il ne se fît quelques disjonctions dans ses culées,avec quelque soin quelles eussent été construites; et quandmême il ne s’en ferait aucune, ces culées ne pourraient pointtourner autour de leur arrête extérieure, où les pierres s’écrase-raient nécessairement sous l’effort qu’elles auraient à soutenir,
qu’elle ne l’était point encore au pont de Neuilly au moment où on a fait ledécintrement, et où on a reconnu la position du point de rupture. L’additionde cette maçonnerie change nécessairement cette position, et les joints de rup-ture , ainsi que les expériences de M. Boistard les démontrent d’ailleurs, sontd’autant plus élevés que le sommet de la voûte est plus chargé relativement auxreins. Les résultats du calcul s’accordent parfaitement, au contraire, avec lesobservations faites au pont de Nogent , où la maçonnerie des reins était consrtruite lorsqu’on a fait le décintrement.