DES PONTS.
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CHAPITRE V.
DE L’ÉPAISSEUR ET DE LA FORME DES PILES.
SECTION PREMIERE.
de l’épaisseur des piles.
Les piles des ponts peuvent être considérées sous deux pointsde vue principaux : on peut les regarder comme destinées àporter le poids des arches, ou bien à servir de culées et à résis-ter à la poussée des voûtes.
Dans les ouvrages antiques, les piles ont toujours des épais-seurs considérables , et le pont de Vicence est presque le seuloù on n’ait pas suivi cet usage. Les ponts construits dans lemoyen âge sont portés, comme les ponts antiques, par des pilesplus épaisses même qu’il ne serait nécessaire qu’elles le fussentpour remplir la fonction de culées.
Lorsque les ingénieurs eurent soumis au calcul la poussée desvoûtes et déterminé, d’après l’hypothese de la Hire, l’épaisseurnécessaire aux culées, ils pensèrent que les piles devaient avoircette même épaisseur, et c’est d'après ce principe qu’on a pro-jeté la plupart des grands ponts construits dans le derniersiècle, soit en France, soit dans les autres pays de l’Europe . Lespiles des ponts de Blois , de Saumur, d’Orléans, de Moulins ,de Tours , de Westminster, etc., sont assez épaisses pour servirde culées, et, dans leur construction, les voûtes ont toujours