35a CONSTRUCTION
l’avant-bec d’une pile sont des constructions assujéties auxmêmes conditions : il s’agit également de défendre ces édificescontre l’action du fluide qui les frappe sans cesse, et il paraît quela forme qui convient a l’un doit convenir également à l’autre.M. Bossut suppose que chaque face de la tête de la jetée estfrappée par des filets de fluide dont les directions sont parallèles,et dont les vitesses sont égales. Il cherche ensuite , d’après lathéorie ordinaire du choc des fluides, quelle doit être la formede la base de chaque face, pour que ce choc soit le moindrepossible. Il trouve que la ligne droite résout le problème, et que,si la base est un triangle, ce doit être un triangle isoscele, dontles deux angles égaux seraient de 5o degrés.
Cette solution est sujette à beaucoup de difficultés ; on se con-tentera d’observer ici que l’on croit entrevoir que la questionn est peut-être pas bien posée. Il semble inutile que la tête d’unejetée, ou l’avant-bec d’une pile reçoive le moindre choc possiblede la part du courant, parce qu’on n’a point à craindre que lecourant en déplace la masse toute entière ; cette condition serait,à la vérité, celle qu’il faudrait remplir s’il s’agissait de la proued’un bateau : mais, quand le parement de la tête d’une jetée estbien construit, elle ne peut jamais être emportée qu’autant quel’eau fouille au pied, et c’est seulement ce dernier effet qu’il estessentiel de prévenir.
M. Garipuy, dans un mémoire manuscrit conservé à l’Ecoledes Ponts et Chaussées, a cherché à modifier la forme triangu-laire qu’on donne ordinairement aux avant-becs, de maniéré àobtenir de la part du fluide une égale pression sur toute la lon-gueur de leurs faces. Comme le fluide accéléré un peu son mou-vement en parcourant la longueur de l’avant-bec, il suit de la