DES PONTS. 3 97
cherché a remédier à ce défaut en ouvrant, au-dessus des piles,les passages quon nomme œils de pont.
Les oeils de pont ont encore d’autres avantages ; ils diminuentle poids dont les bases des piles sont chargées, quelquefois mêmecelui qui est supporté par les voûtes, et il y a des cas où cetobjet devient très-important. On leur a donné différentes formes,ainsi qu’on a pu le voir dans le livre premier. La plus usitéechez les anciens était celle d’une porte surmontée d’une voûteen plein cintre : c’est aussi celle qu’on a adoptée au pont duSaint-Esprit (PL i5, fig. i).
Des moyens de garantir les 'voûtes des filtrations des eaux
pluviales.
Quelle que soit la disposition qu’on ait adoptée pour l’appareildes têtes, les voussoirs, dans le corps de la voûte, ont tous deslongueurs à-peu-près égales. Les reins sont remplis en maçon-nerie de moellons ou de briques, et il est convenable d’inclineren sens opposé la surface supérieure de cette maçonnerie de-puis le milieu de chaque voûte, d’une part, et depuis le milieude chaque pile, de l’autre. La rencontre des deux plans inclinésforme une sorte de gouttière où les eaux qui ont pénétré autravers du pavé se rassemblent, et aux extrémités de laquelle onplace des gargouilles, c’est-à-dire des ouvertures pratiquées autravers d’un voussoir, par lesquelles les eaux s’échappent sansendommager la maçonnerie. La surface de l’extrados de la voûteest couverte d’une chappe qui doit être disposée de maniéré a ceque ces eaux se rendent de toutes parts aux gargouilles, en cou-lant à travers de gros gravier ou de la pierre cassée, sur laquelleon établit la chaussée qui forme le passage des voitures. Les
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