DE NAVIGATION.
5 9
Pour rendre sensible ces rapports , j’ai trace' les courbes AB, AC, Fi s- 15 > r 11 -et la droite DC sur l’axe EF. Les ordonnées de la première mar-quent les rapports des temps employés à parcourir le total des éclusesde différentes chûtes ; celles de la seconde marquent les rapports dela dépense des constructions, et celles de la ligne droite DC mar-quent ceux de la quantité d’eau qu’elles dépenseront.
On doit conclure de cette comparaison que lorsque l’on aurabeaucoup d’eau dans un canal, on pourra faire les écluses élevées,parce que l’épargne que l’on fait sur la dépense ne laisse pas que defaire un assez grand objet, qu’il faut aussi moins de temps pourtraverser les écluses, et que la dépense des éclusiei’s est moins con-sidérable.
Cependant il faut observer que, dans le cas même où l’on ne seraitpas obligé de ménager la quantité d’eau, l’entretien de ces sortesd’écluses et les risques que l’on court sont beaucoup plus grands quepour des écluses de moyenne hauteur. On avait d’abord fait au canalde Languedoc des écluses d’une grande hauteur, mais avant mêmeque la navigation de ce canal fût établie on les démolit pour lesfaire plus basses, parce que la force de l’eau détruisait tous lesouvrages.
Lorsque l’on considère ensuite que ces écluses hautes dépensentdeux à trois fois plus d’eau que les écluses moyennes, et de plus queles filtrations sont encoi'e dans une plus grande proportion, parcequ’il est très-possible de les rendre presque milles, lorsque la hau-teur n’est pas bien grande, et qu’il est presque impraticable de leséviter lorsque la charge est considérable, on verra aisément qu’ilvaut mieux adopter les chûtes moyennes, même lorsque l’on a beau-coup d’eau, à plus forte raison lorsque l’on est dans le cas de la mé-
na ger, comme cela arrive presque toujours aux canaux à point departage.
Comme les plus hautes écluses que l’on ait laites n’excèdent guere
8 .