DE NAVIGATION.
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assez d’eau pour une navigation commode. L’auteur du projet neparaît même compter que sur les sources de la tranchée, ce qui estabsolument illusoire. Cependant, comme l’on a véritablement deuxrivières assez considérables qui peuvent y fournir, en perçant lamontagne entre Grandvis et le hameau de Pennin, sur une lieue etdemie de longueur environ, il est très-probable qu’en prenant ceparti, l’on pourrait se servir entièrement des deux rivières de Raliinset d’Azergues, qui reçoivent les eaux d’une étendue de pays de sept àhuit lieues carrées. Ces deux rivières sont même placées d’unemanière très-favorable pour un point de partage; elles coulent dansleur origine parallèlement entre elles, du nord au midi, sur quatreil cinq lieues de longueur, après quoi l’Azergues se retourne poursuivre son cours au levant, et le Rahins pour suivre le sien au cou-chant; d’où l’on voit que l’on peut se servir de toute la partie où cesdeux rivières sont parallèles pour fournir les eaux à un point departage.
Si l’on descendait ce point de partage pour percer la montagneà Saint-Just, il faudrait peut-être faire un percement de deux lieuesde longueur. On aurait alors une quantité d’eau bien plus grande,puisque l’étendue du pays qui la fournirait serait de treize lieueset demie, à-peu-près comme au canal du Charolais.
Mais, quelque parti que l’on prenne pour rendre ce projet pos-sible, il faudra toujours faire un percement de montagne considé-rable, et qui deviendrait très-dispendieux par la qualité du rocher,qui paraît être extrêmement dur et difficile à traiter. Les puits pourdonner de l’air seraient très-profonds, puisque la montagne qu’ilfaut traverser est fort élevée. D’ailleurs les inconvénients d’une na-vigation souterraine paraissent à-présent si bien reconnus depuis lesépreuves et les raisonnements de MM. D’Alembert, Condorcet, etBossut, qu il n y a guères d’apparence que l’on en entreprenne decette espece, lorsqu on sera obligé de naviguer de cette maniéré surune grande étendue.
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