CANAUX
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indispensables dans les autres, aucune de ces tranchées d’une tropgrande profondeur, aucun de ces murs épais pour en soutenir le litcontre des rochers à plusieurs mètres de hauteur au-dessus du vallon,aucun de ces percements de rochers, de ces trouées de montagnes,où l’air circulant à peine par le moyen des puits profonds, joint à lafraîcheur extraordinaire qui y règne, met en danger la santé des ma-riniers , et où la grande résistance qu’oppose au mouvement dubateau l’eau resserrée dans un canal qui est toujours étroit pour nepas tomber dans des dépenses énormes, occasionne une augmenta-tion considérable dans le temps du passage, ou dans le nombre deshommes que l’on emploie à faire le tirage, outre que l’on ne peutpas y employer des chevaux qui coûteraient beaucoup moins. On n’yverra enfin aucun de ces travaux, immenses qui étonnent par leurhardiesse et leur singularité lorsqu’on en fait seulement le récit,mais dont les incommodités et les inconvénients qu’on y remarquelorsqu’on les voit de près, font changer l’admiration en regrets.
Dans le canal du Charolais, au lieu d’aller chercher à grands fraisdes eaux fort éloignées, et de les amener dans des lits factices sujets
à mille accidents, ees eaux rassemblées naturellement dans des ruis-seaux qui ne peuvent en laisser perdre aucune partie, viennent sansart comme sans contrainte presque jusqu’à leur destination, et s’ilfaut que l’art aide à la nature, celle-ci ne lui a presque rien laissé àfaire : elle a pour ainsi dire rassemblé exprès et au même lieu troisrivières pour fournir à une navigation toute préparée et indiquéepar le local seul; position unique sans doute, et dont on chercheraiten vain un exemple dans tout le reste de la chaîne de montagnesqui séparent les sources qui coulent d’une part dans l’Océan, et de1 autre dans la Méditerrannée.
Si les sécheresses de l’été diminuaient assez ces sources pour em-pêcher quelles puissent suffire à une navigation très-abondante, lanature n’a pas même laissé à l’art le soin de conserver l’eau des hiverset celle des pluies abondantes de l’été : l’étang de Long-Pendu et une