DE NAVIGATION.
3a3
Thelis et de ses adhérents. Il faisait de plus beaucoup d’autres objec-tions : par exemple, i° qu’il faudrait pouvoir rassembler trois milleouvi'iers par jour pour faire le canal en dix ans, comme on le pro-posait, et qu’il avait l’expérience qu’il serait difficile d’en t'assemblerquinze cents, ce qui reculerait du double l’époque de la jouissance.
2 ° En calculant les intérêts des dix millions qu’il devait coûter,il concluait que jamais le produit de ce canal n’équivaudrait à sadépense.
3° Que la Loire était à sec pendant six mois de l’année, et que lecanal de Briare ne fournissait pas assez d’eau pour une augmentationdans sa navigation.
4° Que le commerce de Lyon prendrait toujours la voie de terrepour porter ses marchandises sur la Loire à Roanne , ce qui seraitmoins cher que île prendre la voie du canal avec les droits qu’on ymettrait.
5° Que la largeur de 35 mètres que l’on demandait pour l’empla-cement du canal était trop considérable, et nuirait à l’agriculture dupays.
6° Que le droit du propriétaire d’avoir seul des bateaux était con-traire à la liberté du commerce.
7 ° Que le parlement voudrait se réserver le droit de juger des dis-cussions, et non les laisser juger par le commissaire départi.
8° Que l’Arroux devant être bientôt rendu navigable, il seraitfacile de joindre cette rivière avec le grand canal de Bourgogne , etqu’alors le canal du Charolais perdrait le peu de commerce qu’ilpouvait avoir.
Quoique la plupart de ces objections ne fussent rien moins quebien fondées, elles étaient néanmoins accréditées, soit par l’autoritéd un homme en place, qui avait du mérite et même des connaissancesacquises dans cette partie, soit par des déclamations et par desmémoires imprimés par M. de Thelis, et même répandus avec assezde profusion. Ce seigneur voulait accréditer le projet qu’il avait pro-