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CANAUX
on ne se dissimula point les difficultés que l’on éprouverait à trouverune quantité d’ouvriers, d’entrepreneurs, et de gens suffisammentinstruits pour conduire des travaux d’une aussi grande importance,dans un pays où jusques-là on avait dépensé pour les ponts et autresouvrages d’art relatifs aux chemins au plus 100,000 livres par an.Quatre à cinq entrepreneurs, les trois ingénieurs, et les quatre sous-ingénieurs avaient suffi jusqu’alors pour faire les ouvrages : mais,comme cette dépense devait être au moins décuplée, il fallut chercherles moyens d’avoir un certain nombre de coopérateurs instruits.
On remarqua d’abord que les ouvrages se divisaient naturellementen deux classes, celle des déblais, et celle des ouvrages d’art. Pour lapremière, il n’était pas nécessaire d’employer, comme ou l’avait faitjusqu’alors, des entrepreneurs, qui pouvaient être employés plusutilement aux ouvrages d’art. O11 savait d’ailleurs qu’on trouveraitpour cette partie des maîtres pionniers de l’Auvergne , du Velay, etdes provinces voisines, avec qui l’on pourrait faire de petites entre-prises particulières, et que l’on éviterait de cette manière les entre-preneurs généraux, qui gagnaient beaucoup sur ces pionniersétrangers, lesquels étant payés très-régulièrement par la province,pouvaient même faire l’ouvrage à meilleur marché que vis-à-vis cesentrepreneurs généraux, qui souvent leur faisaient de mauvaises dif-ficultés. Mais en divisant beaucoup ces entreprises particulières, ilfallait aussi beaucoup de personnes pour les surveiller, et pour faireles toisés particuliers sur lesquels on devait donner les à-comptes,attendu que ces pionniers étrangers n’ayant aucune caution, il fallaitprendre des précautions extraordinaires pour ne pas faire payer desà-comptes au-delà de l’ouvrage fait. A cet effet, l’on employa deuxmoyens, le premier de faire compter tous les jours le nombre d’ou-vriers qu’employait chaque entrepreneur, et le second de mettre aufait les commis pour faire à chaque paiement des toisés presque aussiexacts que si l’on eût chaque fois soldé l’entreprise.
Les ouvrages d’art n’étaient pas aussi aisés à entreprendre : aussi,