216 TRAITÉ DE G^es. OPÉRATIONS MILIT.
menaçait aujourd’hui l’Europe elle-même: lemoment qui eût du former une coalition géné-rale de tous les intérêts nationaux, ce mêmemoment qui, 90 ans auparavant, produisit eneffet une ligue de tous les états contre la puis-sance menaçante de Louis XIV , nous offrit aucontraire un spectacle singulier en amenant ladissolution de la première coalition. Les puis-sances qui n’avaient qu’à prolonger la guerrepour voir consumer la France en efforts sur-naturels, se désunirent sans qu’aucun motifpuisse être justement allégué en faveur d’unesemblable conduite. Il y avait eu peu d’accordil est vrai, mais l’ennemi devenant plus dan-gereux, il semble qu’on aurait du chercher àétablir cet accord, au lieu de rompre tous lesliens de l'alliance qui existait, et par laquelleseule l’Europe pouvait espérer de maintenir laFrance dans l'état où elle était en 1790 , oudu moins dans la limite du Rhin .
Par une bizarrerie non-moins étonnante,les opérations militaires prirent une tournuretout - à - fait différente de celle que l’on devaitattendre ensuite de cette défection politique.Lorsque les armées prussiennes et espagnoleseurent quitté la coalition, que famée anglaisefut rembarquée, que les Jlanovriens étaientneutres, que les Hollandais au lien de combattre