CHAPITRE VIII.
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contre les Français étaient devenus leurs alliés ;lorsqu’enfin l’armée autrichienne fut réduite àlutter seule contre un ennemi si redoutable,on s’attendait à la voir anéantir, et toute lacampagne fut au contraire une série de succèspour elle. Plus d’ensemble dans les plans,plus de mobilité pour leur exécution, etune ligne d’opérations moins désavantageuse,furent sans doute les premières causes de cechangement.
Du côté des Français , le gouvernement leplus modéré ayant succédé au régime le plusviolent, beaucoup d’hommes aspirèrent à quit-ter l’armée, où ils avaient été jetés par letourbillon des événemens : les bataillons dimi-nuèrent donc considérablement, et les forcesdes deux partis reprirent ainsi leur équilibre.On a voulu attribuer à la trahison de Pichegru les revers que son armée essuya à la fin de1795, cela n’est pas juste. Il est sans doutevraisemblable que son caractère le poi'tait àl’intrigue, il est même incontestable qu’il fut,à cette époque, en correspondance illicite avecune puissance en armes contre son pays ; maissi un chef de parti peut, comme Dumouriez , dé-plorer d’être gouverné par des factions et désirerd’opérer un changement dans l’intérieur, il n’estaucun général, aucun militaire assez bas pour