CHAPITRE VIII.
237
permit à Piehegru de faire sa retraite presquesans grande perte derrière le canal de Franken-thal, doù il marcha dans la nuit à Mutterstadt ,pour venir prendre position sur le Speyerbach.
Cette affaire prouva bien que l’on peut rem-porter une victoire avec des dispositions mé-diocres, lorsqu’il ne s’agit que de forcer, avecde bonnes troupes, un ennemi qui est en posi-tion défensive, et qui se borne à une défenselocale sans manœuvrer; mais une telle guerreest un massacre sans art. Il suffit de voir, surla carte, la position de Turcklieim et celle deFrankenthal , pour juger que les démonstrationsauraient dù se faire à ce dernier point, et queles grandes attaques auraient dù avoir lieu parTurckheim, qui se trouvait déjà sur les com-munications de Piehegru : le moindre succèsremporté sur ce point, par une masse supé-rieure, aurait totalement perdu le centre et ladroite de l’armée française. On peut jugerpar l’heureux résultat qu’eurent six ou septattaques morcelées, ce qu’aurait produit uneffort concentré des corps de Nauendorf, deKray et de Wemeck avec le centre de Clairfaytpar Turckheim sur la direction de Mutterstadt et de Rehut, tandis que la gauche aux ordresde Latour se serait liée successivement à euxpar Lambsheim . Trois de ces corps ne furent