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A la bibliothèque de l’Institut se trouvent reliées avec un exemplaire deYllorologium oscillntorium quelques lettres de l’auteur et d’un anonyme surle pendule '); malheureusement ces lettres sont toutes antérieures à la se-conde édition de l 'llorologium.
Une d’entre elles nous offre cependant une preuve intéressante du carac-tère philosophique de la science au XVII e siècle. Après avoir empruntéquelques objections à l’influence de l’air atmosphérique, a la forme du poidssuspendu, aux inégales densités d’un même métal, le correspondant deHuygens observe que si ces difficultés étaient milles, on posséderait dans lependule “une mesure première et immuable qui n’a point esté trouvée jus-ques à présent.” Car “ supposé que la longueur de la pendule qui frappe lessecondes doive estre de 36 de nos pouces, 8 lignes et un sixième de lignedepuis le centre de son mouvement jusques au ^centre de gravité du poidsdont il est chargé, comme l’a observé Mr. Picquard ; Je trouve que commecette pendule est une mesure très exacte de la quantité continue successivedu temps, dont elle montre exactement les petites parties scavoir les se-condes; elle est aussy une mesure très parfaite de la quantité continue per-manente, Et comme elle se tire du mouvement Journalier du soleil et desEtoiles fixes qui est tous les jours le mesme par tout l’univers et qui estconnu dans tout le monde, Il est constant que cette mesure sera très-cer-taine et connue de tous. Et la quelle on ne pourra changer comme lesautres qui croissent et diminuent selon le bon plaisir des hommes.” La lettreest datée de “ Chartres , ce 23 Juin 1668”. Quelques années auparavant la Société royale de Londres avait eu la même idée * 1 2 ), Huygens devait lui consacrer en1673 la XXV e proposition de son grand ouvrage 3 4 * ) et en 1674 un article duJournal des Savants devait insister particulièrement sur cette application ’)•
olhoffii ... gedani ... mdclxxxih, page 66. Une autre a été publiée en fac-similé dans le journalue crelle, Tome XXIV, 4' fascicule.
1) En tête de cet exemplaire (coté M. 421) il y a 17 feuillets. En voici le contenu:
E°. 1. Lettre à Huygens. 23 juin 1668 (copie).
F°. 3. Réponse de Huygens. 21 7 bro 1668 (autographe).
E°. 7. Réponse à la lettre précédente. 3 9 bre 1668 (copie).
F 9 . 9. Réponse de Huygens. 23 9 bre 1668 (autographe).
F°. 11. Réponse à la lettre précédente. 13 mars 1669 (copie).
F°. 13. Réponse de Huygens. 7 7 bre 1669 (copie).
F"*. 16 -17. Extrait, do deux lettres sur l’usage du pendule pour la détermination des longi-tudes. (Journal des Savants ).
2) Lettre inédite de Huygens du 21 7 bre 1668. (Bibliothèque de l’Institut, imprimé M, 421,f° 5 du ms.)
3) C1IR1STIANI I1UGEN1I /.ULIOliEM II , DUM V1VERET /.ELEMI1 T0PARC11CE, OPERA VARIA, YOLUMEN PRI-MUM. LUG1IUN1 liAIAVOKUM , APU1) JANSSONIOS VAN11ER AA BIBLIOPOLAS. MDCCXXIV , page 178.
4) JOURNAL DES SAVANS DU LUNIIÏ 1 JANVIER MDCLXXIV. PAR LE S R G P. A. D. C. page 9, ligne 4 — 18.
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