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Tome premier.
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PREMIERE EPOQUE.

I.

CHLNOIS.

Les Chinois cultivaient les sciences et les arts à une époque oùles nations de l’Europe étaient encore plongées dans les ténèbres dela barbarie. C’est là un phénomène qui a singulièrement exercéle jugement des philosophes et des historiens. Pour l'expliquer,nous n’avons pas besoin de contester, par des calculs chronologi-ques, l’antiquité de la civilisation chinoise. Le caractère moral,l'histoire politique, la position géographique, la population mêmede la Chine , expliquent parfaitement ce qui parait d’abord inexpli-cable. La population de la Chine est immense; en tout tempselle parait avoir été en disproportion avec les limites du terri-toire (l). Moins inquiétée au dehors que la race caucasienne, la racemogole a pu se livrer de bonne heure aux travaux paisibles desarts et de l’industrie. Les invasions qui ébranlèrent l’Europe etmirent fin à l’empire romain se firent d’orient en occident : toutesces peuplades sauvages, dont l’origine est encore un problème,tournaient le dos à la Chine .

La civilisation industrielle est eu raison de la population. Ceprincipe, qui ressort de l’enseignement de l'histoire de tous lespeuples, se confirme en tout temps et en tout lieu. Tout peuplepasteur ou chasseur peut se passer des arts et des sciences : il n’a

(1) Le peuple chinois civilisé n’occupait, au \u e siècle a\ant notre ère, qu’unespace limité au midi par le 33 e ou le 34 e degré de latitude, au nord par les 37'et 38 e . Le milieu de cet espace correspond à la vallée inférieure du tleuve Jaune ;et, d’après un recensement de cette époque, sa population s’élevait à vingt et unmillions d’individus. Jusqu’au 111 e siècle avant notre ère, les parties méridionalesde la Chine ont été occupées par des hordes sauvages. (Journal asiatique,no 58, 1840.)