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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
pas besoin île tourmenter le sol pour vivre, ni (le s’ingénier a serendre tributaire le riche qui possède; les produits bruts de lanature lui suffisent, .liais ce dont il a absolument besoin, c’est d’unvaste territoire. Or, la f.hine s'est trouvée dans des circonstancesprécisément contraires. Une immense population pacifique, séden-taire, dépourvue de l’instinct de la conquête, devait périr de la-mine, ou se livrer de bonne heure aux occupations industrielles etartistiques (t).
La rivalité et l’ambition, deux passions inséparables d'une ag-glomération d'individus, contribuent également d'une manièrepuissante à l’invention et au perfectionnement des arts et dessciences.
Ainsi, loin de révoquer en doute l'antiquité de la civilisation dela Chine , nous a\ ons ' lieu de nous étonner que cette ci\ ilisa-tion ait en des progrès si lents , surtout lorsqu'on considère que lesarts et les sciences sont infiniment honorés en Chine 2), et que, dansaucun temps, les habitants de cette contrée populeuse n'ont eu àlutter contre le fanatisme et les préjugés, ennemis de tout progrès.Pourrait-on alléguer comme cause l'infériorité intellectuelle de larace mogole, le mépris et la haine de tout ce qui est étranger,quelquevice d’organisation politique, etc. 1 2 3 Notre sujet 11 e nous permetpas d'insister sur ces questions, d’ailleurs fort intéressantes sousplus d'un rapport.
Pour rassembler des documents relatifs à l’histoire de la chimiechez les Chinois, il faut s'adresser à la médecine, à la métallurgie,à la peinture, et à d’autres arts industriels. La préparation des re-mèdes, la fabrication de quelques produits d'industrie, en un mot,des procédés suggérés par la simple routine, des faits isolés sanslien, sans doctrine scientifique, voilà ce qui constituait et ce quiconstitue encore aujourd'hui la chimie chez les Chinois (3).
(1) I.c chancelier Thomas Moins dit que jamais l’Angleterre ne fut plus prèsde sa ruine que lorsque tous les propriétaires voulurent v avoir des troupeauxde moutons; ce qui occasionna d’ahord une dépopulation extrême dans les cam-pagnes, et lit enlin manquer le pain jusque dans Londres .
(2) « L'art de faire de l’encre, de même que tous les arts qui ont rapport auxsciences, est honorable à la Chine , où ce n’est que par les sciences que l’on s'élèveaux dignités de l’empire.» Page I3j, vol. 1 , de la Description géographique,historique et physique de l’empire de la Chine et de la Tartarie chinoise,par le P. J.-B. du Halde; Paris , 1733 (4 vol. in-fol.).
(3) Il n’existe pas d’ouvrage chinois sur la chimie proprement dite. On con-serve à la Bibliothèque rovale de Paris un très-petit nombre de liv res chinois