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Tome premier.
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HISTOIRE I)E LA CrtlMIK..

espèce, la fusion de la portion qui en est susceptible enveloppa' laportion qui résiste à l'action de la chaleur, et il se forme ainsi unesubstance demi-transparente, que ne peut pluis altérer le même coupde feu. C’est donc dans cet état que doit être la porcelaine du Ja-pon . »

Or, les détails communiqués par le P. Dentrecolles, sur le modede fabrication de la porcelaine en Chine , se trouvaient exactementd’accord avec les idées de Kéaumur que nous venons de citer.

La matière de la porcelaine se compose, dit le P. Dentrecolles,de deux sortes de terre : l une appelée pe-tun-tsc, et l’autre qu’onnomme kao-lin. Celle-ci est parsemée de corpuscules qui ont quel-que éclat; l’autre est sensiblement blanche, et très-line au toucher.Les pe-lun-lse, dont le grain est si fin, ne sont autre chose que desquartiers dérochés fcldspathiques qu'on tire des carrières (l).

lléaumur trouva qu'en exposant séparément à une chaleur vio-lente ces deux substances, l’une, le pc-tun-l.se , roche lèldspalhique(silicate de potasse et d’alumine), était fusible, tandis que l’autre, lekao-lin, espèce de sable argileux, restait infusibic ( 2 ).

Le P. Dentrecolles nous apprend, en outre, que les Chinois font,avec une certaine substance appelée hoa-ché, une porcelaine beau-coup plus belle et plus chère que la porcelaine commune.

« Le hoa-ché est, dit-il, une substance glutineuse, et qui se rap-proche en quelque sorte du savon ; les médecins en font une espècede tisane qu’ils disent être détersivc et apéritive (3). »

(1) Du Halde, Description , etc ., de la Chine , vol. n, p. 177. I.e P. Dentre-colles, missionnaire de la Chine , avait une église dans king-tc-Tsching , endroitoù l’on fabrique la plus belle porcelaine de la Cliine, et parmi ses chrétiens néo-phytes il en comptait plusieurs qui étaient fabricants de porcelaine.

(2) Ces notions ne furent pas poussées plus loin par Kéaumur. Mais , en 17iS,le comte de I.auraguais, Darcet et I.egay, commencèrent nue série d'expé-riences qu'ils continuèrent pendant quatre ans, et qui les amena enlin à la décou-verte d’une porcelaine ayant les mêmes qualités que celle de la Chine ou duJapon , et qui ne lui cédait qu'en blancheur. Marquer, (pii était alors chargé del’inspection de la manufacture de Sèvres, conseilla au gouvernement français deproposer un prix pour la découverte des substances terreuses propres à faireune porcelaine blanche. Cette mesure fut adoptée ; et alors un pharmacien deBordeaux , nommé villai is, annonça (pie, dans les environs de Saint-\ rieux-la-Perchc (Haute-Vienne ', il existait une terre blanche qui, dans son opinion,devait remplir le but désiré. En effet, cette terre, essayée par Macquer, répondità cette attente. Il fut établi dès lors une manufacture de porcelaine à Sèvres ,qui devint le modèle d’autres établissements semblables eu Europe .

(3) Ouvrage cité de du Halde, p. 178 (iC vol.'.