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HISTOIRE DE I.A CniMIE.
avec de très-petites quantités d’argent ou de platine, était autrefoisexclusivement employé dans la préparation du moiré métallique l).
Le borax servait depuis longtemps chez les Indiens dans la sou-dure des métaux; et il lut, pour la première fois, apporté enEurope , par l'intermédiaire des marchands arabes. Ce sel, si utiledans les arts, se rencontre particulièrement au nord de l'Inde , dansle Thibet . Là, il se trouve déposé au fond de certains lacs, d'où onle retire en masses considérables. Comme il est impur et mélangéavec des matières organiques, on le soumet à une espèce de purifi-cation , avant de le livrer au commerce.
Comme les Chinois, les Indiens ignorèrent la préparation etl’usage des véritables dissolvants des métaux, c’est-à-dire des acidesminéraux, sans lesquels la chimie est une science impossible : carle vinaigre et les sucs acides des végétaux sont des dissolvantsabsolument insuffisants. Aussi, la découverte de l’eau-lorle et del’eau régale est-elle au moins tout aussi importante que celle del’oxygène.
Si nous avons fort peu de renseignements sur ce qui concernela partie pratique de la chimie chez les Indiens, il n’en est pasde même pour ce qui regarde les théories, dont la plupart ontune très-grande analogie avec les systèmes des philosophes del’Occident .
Les théories les plus élevées, les formules les plus générales dola science, ne sont, en dernière analyse, que le reflet des lois im-muables de l’intelligence humaine ; lois aussi absolues et aussi néces-saires que celles qui régissent la matière, et qui président au mouve-ment de l'univers.
Voilà pourquoi ces théories se ressemblent à toute époque etchez toutes les nations.
Arrêtons-nous un moment sur la philosophie indienne, pour faireressortir quelques-unes de ces idées générales qui se retrouventau fond de tous les systèmes de la philosophie de la nature.
Une question qui a en tout temps occupé les hommes qui se
(1) Lorsqu’on mouille, avec des acides affaiblis, des lames de certaines espèresd’acier (notamment le vvootz de l’Inde ), après les avoir travaillées au marteau ,on remarque à leur surface des ramifications veineuses et entrelacées. C’est làce qu’on appelle le moiré métallique. C’est une véritable surface cristallisée,mise à découvert par un acide.