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Tome premier.
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PREMIERE Kl'OQlE.sont livrés ii létude des sciences de la nature, c'est de savoir laqualité et la quantité des éléments composant l'immense variétédes corps du monde physique. Parallèlement à ces recherches,les philosophes, depuis Aristote jusqu'à Kant , se sont, dans uneautre sphère, occupés d'approfondir et de classer le nombre deslois élémentaires, ou, comme ils l'appellent, des catégories delentendement.

Suivant lopinion des philosophes indiens, le nombre des élé-ments qui composent la matière est de cinq, savoir, la terre, leau,lair, le feu, et léther. Ce nombre était également adopté par lesphilosophes grecs, qui comptaient l'éther aii nombre des éléments.Cette opinion a fait, pendant longtemps, autorité parmi les chi-mistes.

Et, bien que la chimie établisse aujourdhui au moins cinquante-quatre (l) éléments ou corps simples, cest-à-dire indécomposables,il ne répugne nullement de croire que ce nombre pourra être unjour considérablement réduit.

Les cinq éléments désignés, dans la langue des Yédas, sous lenom de pantcliatouam quinquité (2), sont les formes dont sestrevêtu Brahma, le maître de l'univers. Cest ainsi que, dans ledrame d c Sacounlala, un brahmine, s'avançant vers la scène, pro-nonce cette invocation :

« Puisse le maître de lunivers, présent sous ces formes : leau,la première des choses créées, le feu sacré, léther sans bornes,la terre, nourrice de tous les germes, lair, qui anime tous lesêtres qui respirent; puisse ce dieu favorable vous protéger à ja-mais (3)1 >«

I.es philosophes indiens enseignent que tout corps doué de \ ieest formé de la réunion des cinq éléments. Pour dire quunhomme est mort, ils se servent de ces expressions : Lhomme estretourné dans les cinq éléments, et rentré dans le sein de Brahma.Cest pourquoi, dans la fable du serpent et des grenouilles, del Hitopadésa , le sageCapila, cherchant à consoler un père de la

(1) I.existcnce du lanthane parait encore problématique, daprès lopinionde M. Pelouze.

(2) Dérivé de pantcha, cinq.

(3) La reconnaissance de Sacounlala, drame sanscrit et pracrit de Calidasa ,traduit par A.-L. Cliézy, 1830, 4; Paris .