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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQUE. 35

fication. Le pain en S (lekhem) qu'Abraham servit aux trois angesqui lui apparurent dans la vallée de Mambré était une espèce debiscuit de mer, fait avec de la pâte non fermentée, comme létait engénéral le pain employé dans les cérémonies religieuses (l).

On connaissait déjà, à lépoque de Moïse , lusage du levain et dupain fermenté; car ce législateur, en prescrivant aux Hébreux lamanière dont ils devaient manger l'agneau pascal, leur défend demanger du pain fermenté (yen) (2). Et ailleurs il remarque queles Israélites , lors de leur sortie d'Égypte, mangèrent du pain sanslevain et cuit sous la cendre ; car, dit-il, les Égyptiens les avaientsi fort pressés de partir, qu'ils ne leur avaient pas laissé le temps demettre le levain dans la pâte (3).

Il parait quen général les anciens peuples ne préparaient leurpâte qu'au moment oïi ils voulaient sen servir, c"s la faisaientimmédiatement cuire sous la cendre, comme cela se pratique encoreaujourdhui dans certains pays. Dautres fois, ils préparaient avec lafarine et leau une espèce de bouillie claire, quils faisaient cuireavec des viandes ; cest ce que les Romains appelaient pulmenUimou pvlmentarium. A la découverte des îles Canaries , on remar-qua que les indigènes ignoraient lart de la panification : ils man-geaient leur farine cuite avec de la viande ou du beurre.

Cest incontestablement le hasard qui a fait découvrir lusage duferment. On aura été sans doute bien étonné en voyant quun mor-ceau de pâte aigrie et d un goût détestable, ajouté à une pâte fraîche,la faisait gonfler, et que cette pâte donnait un pain plus léger, plussavoureux, et dune digestion plus facile.

La fermentation est de tous les phénomènes chimiques le plusimportant, et en même temps le plus anciennement connu. Etquoiqu'elle nait été bien comprise que de nos jours, cest la fer-mentation qui, par la découverte de l'acide carbonique, à laquelleelle donna lieu au xvn e siècle de notre ère, a été le point de départde la chimie moderne.

Lidée dexprimer le suc des raisins, et de le conserver dans desvases pour sen serv ir en guise de boisson, devait se présenter tout

(1) La fermentation ainsi ([ne la putréfaction (qui est une espèce de fermenta-tion) était regardée comme un acte du mauvais principe.

(2) Exod., xii, 15; xm , 3.

(3) Exod., xii, 39.

3 .