HISTOIRE DE LA CHIMIE.
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naturellement à l’esprit des premiers hommes. Aussi l’art de lavinification est-il très-ancien en Égypte , et dans les contrées princi-pales de l’Asie où croissait la vigne. La connaissance en remonteaux temps mythologiques. Osiris apprit aux hommes, selon latradition des Égyptiens, à cultiver la \igne et à faire le vin (l).D’autres traditions l’attribuent à Noé (2) et à Ilacchus. Dans lessacrifices les plus anciens, on offrait à la Divinité du pain et duvin (3).
La bière, dont la fabrication est fort ancienne, n’était probable-ment, dans le commencement, qu’une espèce de tisane d’orge.C’était la boisson la plus commune d’une grande partie de la po-pulation de l’Égypte (4). Les Espagnols et les Gaulois connais-saient de temps immémorial la préparation de la bière. Et Tacite dit des Germains qu’ils avaient un breuvage fait avec de l'orge, etconverti, par la corruption (fermentation), en une espèce de vin {exhordeofaclus et in quamdam similitudinem vini corrup/us) (s) ; cequi fait voir que la bière des Germains était une liqueur fermentéecomme le vin, et qui devait être en effet semblable à notre bière.L’emploi du houblon dans la préparation de la bière est de daterécente ; aussi les bières des anciens devaient-elles facilement tournerà l’aigre, et éprouver rapidement la fermentation acide.
Les anciens ignoraient sans doute que dans le suc exprimé desraisins (moût), de même que dans le moût de bière (0), la matièresucrée se transforme en alcool sous l'inlluencc du ferment. Maisils savaient fort bien que le moût perd, au bout de quelque temps,sa saveur sucrée, et qu'il acquiert la propriété d’enivrer. Ils ne con-naissaient pas encore l'eau-de-\ie pure, mais ils connaissaient desliqueurs qui en contenaient; car la découverte de l'eau-de-\iecoïncide avec celle de la distillation.
La connaissance du vin et de la bière implique naturellementcelle du vinaigre ; car ces liqueurs, exposées au contact de l’air et
(1) Diod. Sic. i.
(2) Gen., IX, 20.
(3) Gen., xiv, 18.
(4) Herodot. , lib u, n. 77. — Diod . Sic., lit). I, p. 40 et 41. — Strab., lib. xvil,p. 1179.—Atlieu., i, p. 34.
(5) Tacit., de Moribus Germait.
(6) Les Grecs appelaient la bière oîvo; xpîOivo;, vin d'orge. Il en est souventquestion dans les oeuvres de Xénophon .