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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQEE. 43

antiques que lon conserve dans les musées et dans les arsenauxde l'Europe , confirment ees témoignages.

Le fer cru et non travaillé est probablement connu depuis laplus haute antiquité. Mais, comme ce métal est très-difficile àlondre et à travailler, il sest passé des siècles avant que lon soitparvenu à le retirer convenablement de sa mine, à le forger,et à le rendre, par la trempe, apte à servir dans une foule dusages,et à devenir ainsi le plus utile, et conséquemment le plus pré-cieux des métaux.

Lhistoire de la découverte du nouveau monde nous apprend queles Mexicains et les Péruviens, qui possédaient depuis longtempslart de travailler lor, largent et le cuivre, navaient aucunenotion des instruments de fer, quoique ce dernier métal abondeau Mexique et dans le Pérou (t). Or, l'histoire des peuples sauvagesest l'histoire des peuples primitifs.

Les traditions des Phéniciens et des Crétois font remonter ladécouverte du fer à des époques très-reculées 2). On sait que lesGrecs lattribuent à des personnages fabuleux, à Prométhée et auxCydopes. Les C.lialv bes, qui habitaient sur les bords du Pont-Euxin ,passaient pour très-habiles à trav ailler le fer (s), par lemploi de latrempe, dont ils paraissent avoir eu le secret. Serait-ce en honneurdes Chalybes que l'acier reçut plus tard le nom de chnlybs?

La connaissance de la trempe du fer, que Bacon de Yerulamregarde à tort comme une découverte moderne, remonte aumoins à mille ans avant lère chrétienne -. car Homère en parle entermes non équivoques, à propos de Polyphème , auquel Ulysse crève lœil avec un pieu. « Et il se fit entendre, dit le poète, un bruitsifflant, semblable à celui que produit une hache rougie au feu ettrempée dans leau froide ; car cest ce qui donne au fer la forceet la dureté (~'o yàp aùve cri&r'pou ye xparrsç IgtIv) » (4). Sophocle , quivivait du temps de Péridès, par conséquent plus de 400 ansavant J. G., compare quelque part un homme dur et entêté à du fertrempé (3a:pri ?fôr,po;&;) (5). 11 n est guère à croire que les anciens

(1) Al. Barba, t. i, p. 111 et 118 Acosta, Hist. des Indes , in-lol., p. 132. Mém.de lAcad. de Berlin , 174G, p. 451.

(2) Sancliuniatli. apud Euseb. p. 35.

(3) .Escliyl. in Pronietb. vineto, v. 713. Virg. Georg. lib. i, v. 58. Anunian.Marcel, lib. xxu, c. 8. Tzetzes , Cbron. 10, p. 338.

(4) Odyss. îx, 393.

(5) Ajax, v. 720.