44
HISTOIRE DE IA CHIMIE.
monuments, par exemple les obélisques égyptiens, construits avecdes roches aussi dures que le granit et le porphyre, aient été tra-vaillés avec des maillets et des ciseaux d’airain : il fallait pour celades instruments de fer ou d’acier.
La dureté du fer et la difficulté qu'on éprouve à le faire fondre,ces deux qualités caractéristiques, ont de tout temps frappé ceuxqui connaissaient ce métal. Moïse parle souvent, au figuré, delà du-reté du fer (1). Une domination dure est désignée par Si': •czv{chefet barzel ) (2), domination de fer; un cœur insensible estcomparé à une chaîne de fer (S''g T*;) ( 3 ).
Et lorsqu’on voit Moïse comparer la servitude à la chaleur d'unfourneau dans lequel on fond le fer, on est porté à croire que l’onconstruisait déjà à l’époque de Moïse , et probablement meme avantce temps, des fourneaux particuliers pour faire fondre le fer.«Le Seigneur, dit Moïse aux Israélites , vous a fait sortir de l’É gypte comme d’un fourneau [o« l'on fond ] te fer ( b~~ 2 -'■;) ( 4 ).
Qu'il nous soit permis ici de relever une de ces erreurs qu’ilarrive souvent de commettre, lorsqu'on est réduit à se fonder uneopinion sur des traductions qui ne peuvent en aucun cas rem-placer le texte original.
Uioguet, dans un excellent ouvrage(ô), dit à la pag. 342 (t. U :« Mais ce qu’on doit le plus remarquer, c’est que dès lors (à l'é-poque de Moïse ) on faisait en fer des épées, des couteaux, descognées, et des instruments à tailler des pierres. Pour parvenir àfaire des lames de couteau, d’épée, etc., il a fallu trouver l'artde convertir le fer en acier, et le secret de la trempe, ('.es faits meparaissent prouver suffisamment que la découverte de ce métal etl’art de le travailler remontent à des temps très-anciens, etc. »
Or, ceci est entièrement faux ; car, dans les passages du Penta-teuque que (îognet cite à l’appui de son opinion, adoptée depuis parpresque tous les auteurs, il n'est nulle part question de lames de fer,ni de couteaux, ni d’épées. Voici comment je traduis textuellement :
« Il [le prêtre) lui déchirera les ailes ; il ne la partagera pas