Band 
Tome premier.
Seite
50
JPEG-Download
 

50

HISTOIRE DE LA CHIMIE.

§ 5 ).

Étoffes.

Les peaux et les feuilles composaient les premiers vêtements del'homme. Bientôt on songea à utiliser la laine et les poils; on trouvale moyen de les lier, à l’aide d’une matière glutineuse, pour enformer des vêtements aussi chauds, aussi solides et plus souples queles cuirs et les fourrures grossières. Les premières étoffes étaient desespèces de feutres, dont les anciens faisaient un grand usage (l).

La toile de l’araignée, ou l’inspection attentive de l’arrangementdes fibres des couches corticales ou des ramifications du pétioledans le limbe des feuilles, aurait-elle fourni la première idée de l’artde tisser la soie des chrysalides, le ligneux du lin, du chanvre?c’est ce qu’il est impossible de décider. Toujours est-il que l’originede cet art se perd dans les temps mythologiques. Une observationassez curieuse, c’est que, d’un côté, le nom de l’araignée est du genreféminin dans toutes les langues du monde, et que, de l’autre,toutes les traditions sont d’accord pour attribuer à des femmes l’hon-neur de l’invention de filer et de tisser : on sait que cette occu-pation appartenait, dans toute l’antiquité, exclusivement aux fem-mes. Les Lydiens rapportaient la découverte des tissus à Arachné (2) ;les Grecs, à Minerve; les Chinois en font honneur à la femme del’empereur Yao ; les Égyptiens, à Isis ; et les Péruviens, à Manmia-Ollea, femme de Manco-Capac, leur premier souverain.

Quoique le lin, tout comme le chanvre, demande, pour la sépa-ration des fils du ligneux, certaines préparations, par exemple, lerouissage, les tissus de lin sont néanmoins fort anciens en Égypte .Isis (le symbole de la nature) passait pour en avoir fait la décou-verte. Le genre linum, dont il existe un grand nombre d’espèces,était cultivé en Égypte de temps immémorial. Moïse (1500 ansavant J. C.) remarque que la grêle dont le Seigneur frappa cettecontrée, lors de la persécution de Pharaon , fit périr le lin ; et ildéfend aux Hébreux de porter des tissus de lin (3).

Le byssus (urn et y in) des anciens (4) est, s’il faut en croire

(1) Pline, Hist. nat. lib. viii, sect. 7.

(2) Pline, Hist. nat. vu, 57. Ovid. Metam. lib. vi, 1-2.

(3) Dent, xxii , 11 .

(4) Gen. xli, 42.