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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
pourpre; qu’il y en avait île couleur améthyste, de couleur violette(violacea purpura). Plutarque parle même d'une nuance blan-che (i). Celle de Tyr, qui était la plus estimée, avait l’aspect dusang caillé (2). C’est pourquoi Homère donne au sang l’épithète depurpurin (3).
Le passage suivant de Pline est peut-être le seul document (mu-tilé par les copistes et les traducteurs) qui nous reste sur la teinturedes Égyptiens (4) : « En Égypte , on teint les vêtements par un pro-cédé fort singulier. D’abord on les nettoie, puis on les enduit, nonpas de couleurs, mais de plusieurs substances propres à absorber lacouleur (Hlinentes non coloribus, sed colorem absorbentibus me-dicamentis). Ces substances n’apparaissent pas d’abord sur lesétoffes; mais, en plongeant celles-ci dans la chaudière de teinture,on les retire, un instant après, entièrement teintes. Et ce qu'il y ade plus admirable, c’est que, bien que la chaudière ne contiennequ’une seule matière colorante, l’étoffe qu’on y avait plongée setrouve tout d’un coup teinte de couleurs différentes, suivant la qua-lité des substances employées [alius nique a/ius color fit in veste,accipienlis medicamenti qualitate mutât us). Et ces couleurs, non-seulement ne peuvent plus être enlevées par le lavage, mais lestissus ainsi teints sont devenus plus solides. »
11 ressort de ce passage que les Egyptiens connaissaient plusieursmordants, ayant la propriété de communiquer à la même matièrecolorante des teintes différentes. Us connaissaient donc probable-ment et savaient mettre en pratique l’action des alcalis, des acideset de certains sels métalliques sur les matières colorantes. Du reste,Pline ne dit pas si ces couleurs étaient fixées sur la laine ou surle lin.
Cependant il paraîtrait que certaines couleurs, comme l’écar-late, n’étaient pas très-solidement fixées après une première immer-sion dans le bain; car il fallait les réappliquer une seconde fois.Ces étoffes étaient appelées dibaphes , c’est-à-dire, teintes deux