i>iir.M!i:i',E époque. 145
(le Lipara et de Sardaigne . Ils distinguaient encore de ces aluns,l’alun dissous dans l’eau, d'un aspect laiteux, portant le nom dephorimon, et l'alun sophistiqué avec la noix de galle iquod infi-cia/vr galla), appelé paraphoron. Ils parlent aussi de l’alunschisteux et de l'alun plumeux ou chevelu ( trikhile ) : ce derniern’était probablement autre chose que l'asbeste; car Pline parait luirefuser la propriété d’être astringent.
« L’astringence est, dit Pline, une propriété commune àtoutes lesespèces (l). » C’est pourquoi les Grecs appellent l’alun s/ypteria(<jTuirrr,p£a), d’où vient en français l’expression de styptique, ap-pliquée à toute substance d’un goût acerbe et astringent.
L’alun le plus renommé était celui de Mélos ; selon Dioscoride ,c’était l’alun schisteux ( 2 ). Voici comment ou croyait reconnaître lapureté de l'alun : « On fait, dit Pline, tomber du suc de grenadesur l’alun ; si ce dernier noircit, c’est un signe de sa pureté ; dansle cas contraire, il est falsifié (3). »
D’après cette épreuve , l’alun des anciens n’est autre chose quele vitriol ( sulfate ) de fer. Car le suc de grenade ( acide tannique)ne noircit l’alun qu’autant qu’il contient du fer, ce qui a presquetoujours lieu pour l’alun naturel ; et même l’alun obtenu artificiel-lement en est rarement exempt.
Les auteurs anciens se taisent sur la composition de l’alun, sice n’est Pline, qui se contente de dire qu’il se compose de terre etd’eau [ex aqua limoque ) , et qu'on le décompose en le réduisanten cendres sur des charbons incandescents ( coquitur per se carbo-nibus puris, donec cinis fiai) (4 .
L’alun était employé absolument aux mêmes usages auxquelsnous le faisons servir aujourd’hui ; dans les arts, pour la prépa-ration des laines, des cuirs ; en médecine, pour arrêter des hémor-ragies, pour toucher les ulcères de la bouche, pour raviver leschairs et nettoyer les plaies de mauvaise nature, .comme réper-cussif de la transpiration de la peau, etc. (5).
La terre de Samos ( terra Samia), la terre d’Étrurie, celle de Chio
(1) Summam omnium generum vis in astringendo. Pline, xxxv, 15.
(2) Dioscorid., v, 123.
(3) An sit adulteratum deprehenditur succo punici mali; sincerum enimmixtura eanigrescit. Pline, xxxv, 15.
(4) Pline, ibid.
(5) Pline, ibid.
10