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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQCE.

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§ 42.

Vases murrhins.

Los vases murrhins, si célèbres dans l’antiquité, n’ont été con-nus à Rome que vers la lin de la république. On en vit alors,pour la première fois, au triomphe de Pompée , après la guerredu l’ont. Ils étaient fort chers ; car une coupe murrhine, de lacapacité d'à peu près un demi-litre, se vendait jusqu’à 70 talents(environ 1 * 0,000 francs). Néron enjacheta une au prix de 300talents (environ 720,000 francs). A propos de quoi Pline se de-mande, en gémissant, comment un père de la patrie pouvait boiredans une coupe aussi chère (l).

« Les vases murrhins n’ont pas beaucoup d’éclat, bien qu’ilssoient luisants. On estime ceux qui sont de différentes couleurs,et qui offrent des taches jaunes, rouges ou lactescentes ( 2 ). »

On s’est beaucoup occupé de la question de savoir de quoi étaientcomposés ces vases. Pour les uns, ce n’était rien moins que de laporcelaine de Chine . A l’appui de cette opinion, on soutenait queles Parthes ( de qui les Romains tenaient cette marchandise) étaientdes pirates interceptant le commerce que les anciens faisaientavec les Indes et la Chine par la mer Rouge . D’autres avançaientque la matière murrhine était une espèce de pierre précieuse,« le jaspe, l’onyx, l’obsidienne. » Quelques-uns enfin, réfutant àleur manière ces deux opinions dominantes, cherchaient à enétablir d’autres également inadmissibles.

Je suis persuadé que ces vases murrhins n’étaient autre choseque des vases de cristal opaque. D’abord les auteurs anciens quien parlent les placent eux-mômes dans la même classe que lesobjets de cristal; ensuite, ces vases avaient à peu près la mêmeépaisseur que ceux de verre ; enfin, malgré les taches lactes-centes ou colorées (qu'on obtient facilement en faisant fondre lamatière vitreuse avec du phosphate de chaux et des sels de fer oude plomb), ils conservaient encore une certaine transparence.

Mais ce qui prouve surtout en faveur de l’opinion que je viensd’émettre, c’est que, d’après ce que nous disent les auteurs, ces

(t) Pline, xïxvii , 2.(2) Pline, ibid.