Band 
Tome premier.
Seite
148
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE LA CHIMIE.

148

vases ne paraissaient pas pouvoir supporter une température élevéesans se déformer ou même se fondre. Enfui, Pline lui-même parlede la fabrication d’un verre blanc qu’il appelle murrhin ( vitnnnmurrhinum ) ( 1 ).

La matière murrhine n’était pas très-dure, s’il faut en croire Pline,qui prétend avoir vu un seigneur romain ronger de plaisir le bordd’un de ces vases ( ob amorem abroso ejus margine) (2).

5 43.

Silice. — Verres (silicates alcalins artificiels).

La silice (pierre à fusil, silex) constitue, après la chaux, la plusgrande partie de la croûte terrestre. Le sable, les roches arénacées,le granit, lo quartz, ont pour élément la silice. Mais celle-ci nese distingue pas seulement par son abondance, mais encore par sagrande dureté, et son usage dans la fabrication du verre.

Les anciens comptaient plusieurs espèces de silices, suivant lesdifférentes couleurs qu’elles présentaient; ils leur reconnaissaientà toutes un caractère commun, celui de résister à l’action du feu(quibus ne quidem ù/nis nocet). C’est effectivement une de cespierres qui ont passé pour infusibles jusqu'à la découverte du chalu-meau à gaz.

Les roches siliceuses étaient travaillées pour en faire des moulesdans lesquels on faisait fondre des ouvrages d’airain (3 . Les Ro-mains choisissaient ces roches de préférence pour la constructiondes ouvrages de maçonnerie les plus solides, construction danslaquelle ils excellaient.

Néron avait reconstruit le temple de la Fortune de Seia tout en-tier en cristal de roche (silice pure, transparente) ; en sorte que toutle monde s’émerveillait du phénomène de la réfraction de la lu-mière qu’offrait ce temple dans son intérieur (4 . Le cristal de ro-che, appelé phengite (de sxetvôç, brillant), était aussi employé enguise de miroirs.

« Je puis affirmer, dit Pline, que ce cristal naît dans les rochersdes Alpes (5). »

(1) Pline, xxxvii, 2.

(2) Pline, xxxvi, 16.

(3) Pline, ibid., 22. Ex iis formæ fnint, in quibus aéra funduntur.

(4) Pline, ibid.

(o) No» afïirmare possumus in cautibus Alpium nasci. xxxvii, 2.