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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
seulement de quatre couleurs ; car, dans le tableau représentantVénus sortant des écumes de la mer ( àvaououivr) ), qu’il décrit avectant d’enthousiasme, la mer était couleur d’azur.
Les ocres jaune et rouge, le blanc et le noir, étaient les cou-leurs les plus employées par Protogène et Apelle : ce sont cesmêmes couleurs que l’on remarque aussi dans les plus beauxchefs-d’œuvre de Raphaël et du Titien . Le Saint Marc et la Vénusoffrent des exemples remarquables de peintures dans lesquellestoutes les teintes foncées sont évidemment produites par des ocresjaune et rouge, et par des substances carbonacées(i).
Le sentiment du beau est le meme chez tous les peuples civilisés,et les grands génies de toutes les époques se servent des mômesmoyens pour le satisfaire. 11 y a ici un rapport corrélatif absoluet nécessaire.
Les grands artistes de la Grèce étaient, dans tous les sujets histo-riques et moraux, très-sobres en teintes brillantes ; semblables en celaaux illustres peintres des écoles romaine, espagnole et flamande,dont les tableaux ont un ton sévère, et autant que possible uniforme.
Passons maintenant à la description de chacune des couleurs enparticulier.
§ 46.
Pourpre.
Nous n’avons dit plus haut qu’un mot de cette couleur ; nousallons maintenant nous y arrêter davantage.
On a beaucoup discuté sur la nature et l'origine de la pourpre desanciens (2). S’il faut en croire Vitruve et Pline, la véritable pourpred’un rose foncé était contenue dans les vaisseaux veineux d’uneespèce de mollusques (3). On ajoutait à la liqueur retirée de cesvaisseaux une quantité proportionnée de sel (carbonate alcalin)(vingt onces pour cent livres de liquide), dans lequel on la laissait
(1) Humph. Davy, Annales de chimie, t. icvi.
(2) Vers latin du siècle passé, le gouvernement espagnol fit publier tous lesdocuments relatifs à la pourpre des anciens, sous le titre suivant : Memoriassobre la purpura de los antiguos, restaurada en Espaha quedeordendela realjunta general de commercio y moneda se dan al publico; p. de JuanPablo)Canals y Marti. Madrid , 1779,4. On n’y (trouve aucune observationd’un intérêt saillant.
(3) Pline, Hist. nat., ix, 26. _