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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉF0QCE. 175

lies, eu bitumineuses et en acides, division en partie adoptéemême encore aujourd'hui} il raconte qu il y a dans la liéotie , prèsdu lleuve Orchomène , deux sources, dont l une a la propriété detortiller la mémoire, et l’autre celle de la faire perdre ; qu’il y a unesource en Cilicie , dont l’eau donne de l'esprit, et qu’une autre,dans l’ile de Cos, rend stupide ; qu’enfiu à Cyzique , il y a la fon-taine de Cupidon , qui guérit de l’amour ceux qui en boivent (l).

Il faut l’avouer, de pareilles sources, s’il y en avait, devien-draient le rendez-vous du monde entier. Cette seule raison, à défautd’autres, suffirait pour détruire le conte de Pline.

On lit dans les fragments de lUifus, ' "§s dans les œuvres deGalien édit. Chartier), un passage qui témoigne d’une grande saga-cité pour reconnaître la pureté des eaux. « Les eaux qui bouillentplus vite sont meilleures et plus pures que celles qui bouillent pluslentement 2). »

En effet, on sait aujourd'hui que la présence de substancesétrangères, et surtout du sel marin, peut retarder l’ébullition del’eau de 2 à 3 degrés du thermomètre centigrade.

Les casa stillicidia étaient, non pas des vases distillatoires, maisdes vases argileux, laissant l’eau filtrer à travers les pores d’unepâte peu cuite. Ces vases se rencontrent encore aujourd’hui enOrient, et notamment en Égypte. En Espagne , on les appelle alca-rasas, et on s'eu sert pour tenir l’eau fraîche en été.

I.es eaux troubles étaient clarifiées au moyen de filtres (cola), eton les faisait bouillir avec du blanc d'œuf (3). La clarification desliquides troubles, au moyen du blanc d’œuf, remonte au moins auii c siècle del’ère chrétienne.

I.es substances qui rendent l’eau trouble sont en général nonvolatiles ; aussi reconnait-on, comme l’observe fort bien Vitruve , lapureté des eaux lorsque, ayant été réduites en vapeur, elles nelaissent au fond du vase aucun sable ou limon, et que les légumesqu’on y fait bouillir, cuisent promptement (4).

Ce dépôt salin, dont ils connaissaient l’origine, tout en en ignorantla nature, lut plus tard regardé comme l’elïet de la transmutation de

(1) Pline, Hist. nat., xxxi, 2.

(2) Opéra Hippocrat. et Galien, édit. Chartier (Lut. Paris. , 1679, in-fot.),t. vi, p. 495.

(3) Ibid., t. vi, p. 495

(4) Vitruve , Archit., vin,5.