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Tome premier.
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HISTOIRE DE I.A CHIMIE.

coup pour les pâturages des bêtes à cornes. Columelle , tout en serangeant de l'opinion de Varron , condamne le fumier provenantdes oiseaux aquatiques (l).

Théophraste raconte que l’urine de l’homme, mélangée avec lespoils de peaux tannées, est un engrais propre à transformer cer-taines plantes sauvages en plantes domestiques (2).

Après le fumier de pigeon, qui occupait le premier rang, vient,dans l’ordre de supériorité, le fumier de chèvre, puis le fumier demouton ; enfin, le fumier de bœuf et celui de cher al (3).

« Dans les pays où il n’y a point de fumier d’animaux, on peut,dit Pline, employer à cet effet la fougère. »

On sait que la fougère est de tous les végétaux le plus riche enpotasse, qui, comme en général tous les alcalis, constitue l'essencemême de l’engrais.

Pour se faire une idée de l'importance qu'attachaient les cultiva-teurs romains à la question de l'engrais, on n’a qu’à se rappelerqu’avant de se servir des excréments comme fumier, ils les faisaientsécher pour les réduire en poudre, qu’ils tamisaient ensuite commede la farine (farinœ vice) (•!'.

C’était donc ce qu’on appelle de la poudrette que préparaient lesRomains pour engraisser leurs terres.

Dans certaines contrées, aux cm irons du Pô par exemple, onse servait, comme on le fait encore aujourd'hui, de la cendre desvégétaux, au lieu du fumier animal. Encore l'emploi de la cen-dre dépendait-il de la nature du terrain et des plantes à ensemen-cer (5).

On a tort de croire que l’emploi du plâtre, comme engrais, datedu temps de Franklin ; car ce que les Grecs appelaient leuc-argillos(argile blanche), et les Romains mareja, n'était autre chose quedu plâtre, a\ec lequel les Gaulois et les Bretons fumaient particu-lièrement leurs terres. Cet engrais, dont on distinguait plusieursespèces, était surtout préféré pour les pâturages et les champs deblé.

(1) Coliimell., de Re rustica, n, 15.

(2) Théophraste , n, de Causis plant. ; Pline, xvn, 9.

(3) Pline, ibid.

(4) Ibid.

(5) Hist. nat., xvn, 9.