181 HISTOIRE DE LA CHIMIE.
seaux bien fermés (l\ L : livdronu*l dePhrygie était alors aussi goûté
que l’est aujourd’hui le meilleur cidre de Normandie .
Voxymel (2), qui était plus souvent employé pour les usages dela médecine qu’en boisson habituelle, s’obtenait en faisant bouil-lir, jusqu’à réduction d’un dixième, un mélange composé decinq parties d'eau, de dix parties de miel et d une partie de selmarin (3).
« De tous ces vins artificiels, dit Pline, il n’en est aucun qui seconserve plus d’un au ; il y en a plusieurs qui ne se conserventmême pas trente jours (4). »
Connaissait-on des moyens chimiques, soit pour prévenir, soit pourcorriger la corruption et l’acidité du vin? Nous ne craignons pas derépondre affirmativement à cette question , qui intéresse infinimentl’histoire de la chimie. Il est incontestable que les marchands devin de Rome et d’Athènes étaient aussi avancés dans la sophistica-tion de leur marchandise que le sont nos marchands actuels, bienque les derniers ne soient pas plus chimistes que ne l’étaient lespremiers.
Lorsque le vin a éprouvé la fermentation acide, ou qu’il a,connue on dit vulgairement, tourné à l’aigre, on a recours à dessubstances propres à neutraliser l’acide acétique qui s’est développéaux dépens d’une certaine partie de l’alcool du vin. Les substancesqu’on emploie dans ce but sont, comme on peut le deviner, lesalcalis ou les terres alcalines.
En effet, les Carthaginois, les Grecs et les Romains adoucissaient(,mitigare asperitatem) les vins devenus aigres, avec de la chauxbrûlée, ou avec le sel des cendres de sarmencs ou de chêne, etmême avec la lie de vin desséchée et brûlée (potasse) (5). On n’em-ployait pas la litharge, par la raison qu’elle décolore le vin, indé-pendamment du préjudice qu’elle porte à la santé du consomma-teur; préjudice dont le marchand, chez lequel le poids de la cons-cience est en raison inverse de celui de la bourse, se soucie, il estvrai, fort peu.
(1) Dioseoriii., v,79. Pline; xiv, 17.
(2) S!jo;, vinaigre, |ié).i, miel.
(3) Pline, xiv, 17 ; Dioscorid., v, 22.
(4) Pline, ibi(l.
(5) Pline, xiv, 19 et 20; Columelle, xii, 20.