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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQUE. 18 3

avec de la myrrhe et du jonc aromatique ( 1 ). L’usage des vinscpicés s'est maintenu jusqu’au moyen ûge, où ces sortes de bois-sons, comme en général tous les aliments de haut goût, étaient trés-estimées.

La plupart des vins que les anciens appellent factices et artifi-ciels (vina faclitia ) ne sont que de simples infusions ou des macé-rations vineuses de (leurs, de tiges ou de racines aromatiques.

Le thym, l'origan, la menthe, la sarriette, le serpolet, la mar-rube, la rose, le navet, l'absinthe, le safran, la cannelle, le poivre,la racine de gentiane, la sauge, les baies de genièvre, le laurier,étaient les substances le plus ordinairement mises en usage (2).

La liqueur provenant de la fermentation des graines de millet(milii semine malitro ) est une espèce de bière.

Les Gaulois, les Germains et les Égyptiens préparaient depuis long-temps une liqueur fermentée avec de l’orge et de l’eau, qui portaiten grec le nom de o?vo; xpîOivo;, vin d’orge, et qui fut plus tardappelée cerevisia (3).

Les vins de palmier, de lotus et de figuier étaient, comme dureste le vin proprement dit, des liqueurs aqueuses, sucrées, ayantsubi la fermentation alcoolique, et contenant des quantités varia-bles d’acide acétique,d'acide tartrique, de bitartrate dépotasse, etd’autres sels alcalins.

Les vins de poires et de pommes étaient notre poiré et notrecidre.

Les vins dans lesquels on faisait macérer ou infuser des plantesaromatiques étaient ce que nous appellerions aujourd’hui des vinsmédicinaux, préparés dans les officines.

Vhydromel, dont le nom indique la composition (4), est uneliqueur fermentée, très en usage dans l’antiquité, comme elle l’estencore aujourd'hui dans quelques pays du Nord.

Pour préparer l’hydromel, ou se servait d’eau de pluie bouillie,à laquelle on ajoutait un tiers de miel. Après avoir laissé fermenterce mélange au soleil, on le mettait, le dixième jour, dans des vais-

(1) Plaut., Pers., act. i,sc. 3,v. 5.

(2) Pline, xiv, le.

3) Athénée, liv. x, p. 447; Hérodote , h, 77 ; Pline, xiv, 22. Voy. pag. 36.(4) ôowp, eau, miel.