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voies mystérieuses et au seiu de leur corps que ees insectes opèrentla transformation du sucre en miel.
De tout temps rien n’excita plus la curiosité de l'observateurchampêtre que les travaux des abeilles.
Aristomaque de Soles consacra cinquante-huit ans de sa vie àobserver les habitudes et les mœurs de ces intéressants animaux ^l).
Une chose digne de remarque , c’est que les anciens avaient déjàreconnu que le suc que recueillent les abeilles sur les plantes estdifférent du miel déposé dans les ruches ; car ils définissent le mielun suc recueilli sur des Heurs et digéré par les abeilles ( ulveis ma-ceralus) (2).
Le miel attique du mont Hymettc était célèbre dans toute l’anti-quité. Il avait une odeur fort agréable, provenant de plantesaromatiques telles que l'origan, le thym, la sauge et d’autres plantesde la famille des labiées, qui se plaisent en général sur les mon-tagnes sècbes et arides.
Le bon miel devait être odoriférant ( fragrantia mella ), doux,gluant et transparent ( 3 ).
On rencontrait dans la province du Pont, aux environs d’Itéra-clée, une espèce de miel appelé mainomenon ( furieux , qui étaitcompté au nombre des poisons. C’est de celui-là qu’avaient mangéles soldats de Xénophon : « Tous les soldats, dit ce général, quimangèrent des gâteaux de miel, eurent le transport au cerveau,vomirent, furent purges ; et aucun d’eux 11e pouvait se tenir sur lesjambes. Ceux qui n’en avaient que goûté avaient l’air de gens plon-gés dans l’ivresse ; ceux qui en avaient pris davantage ressemblaienf,les uns à des furieux, les autres à des mourants. O11 voyait plus desoldats étendus sur la terre que si l’armée eût perdu une bataille,et la même consternation y régnait. Le lendemain, personne nemourut; l’accès cessait peu à peu, à la même heure où il s’étaitdéclaré la veille. Le troisième et le quatrième jour, les empoisonnésse levèrent, las et fatigués, comme on l’est après l’effet d’un remèdeviolent ( 4 ). »
On était persuadé, et avec raison, que la propriété malfaisante dece miel était due à des plantes vénéneuses sur lesquelles les abeilles
(t) Pline, xi, 9.
(2) Pline, ibiil., c. 12.
(3) Pline, ibid., c. 13.
(i) Xenopli., Auabas., iv, iâ