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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
plus renommé. C’est une sorte de miel recueilli sur des roseaux ' inarundinibus rol/echnn), blanc comme de la gomme , et qui croquesous la dent. Les plus gros morceaux ne sont que de la grosseurd’une aveline. On ne l’emploie qu’en médecine (l). »
Qu’est-ce donc que ce miel recueilli sur des roseaux, blanccomme de la gomme et croquant sous la dent, si ce n’est le sucre?Les roseaux eu question sont des espèces de canne à sucre. Celane peut être de la gomme , puisque le saccharon est doux commedu miel, .le lais même abstraction de ce mot, qui est encoreaujourd'hui employé dans les officines pour désigner la mêmematière.
Ce passage est entièrement confirmé par Dioseoride, Galien , etplus tard par Paul d’Égine(2).
Nous savons maintenant pourquoi le sucre, cette importante subs-tance alimentaire qui devait un jour opérer une immense révolutiondans le commerce et l'industrie, n’était pas plus répandu dans l’an-tiquité : c’est que son emploi était exclusivement borné à la méde-cine (3).
§ G4.
Miel.
La connaissance du miel remonte aux temps les plus reculés,('.'est lui qui, dans l’antiquité, a remplacé l’usage du sucre, ' _ 1est aujourd'hui devenu un aliment aussi indispensable que l'étaitle miel sur les tables des Grecs et des Romains.
Le miel, qui tire son origine du sucre, diffère pourtant essentiel-lement de ce dernier par l’absence de la fermentation alcoolique.Les abeilles sont, non pas des instruments passifs dont le rôle sebornerait à transporter le suc des nectaires ( qui n’est autre choseque du véritable sucre de canne ) dans les ruches. C’est par des
(1) Pline, xu, 8.
(2) Dioscnride, n, 104_Galien, <lc I'ac. simpl. med., vu; de Simplic. medic.,
iv, 41—P. Egin. ,u, 52. Conf. Miehaelis Watsoni , Thea/rum variarumm uni,etc. Hremæ, in-8°, 1073, pars n, p. 21 ; et Angélus Sala , (le Saccaro-logia, Rostoek., in-8°, 1637.
(3) Les médecins arabes parlent souvent du labascltir ou du
suc épaissi de la canne du bambou, qui était, à n’en pas douter, du véritablesucre de canne, et le même que les Grecs appelaient péXi xxÀiguvov (miel deroseau), et iÀ; ’lvêixr, (sel indien). Voy. Sprengel, Hist. de la méd., t. u.