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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
Tons les procédés de conservation mis en usage par les anciensavaient pour but de prévenir, autant que possible, l’accès et l’in-lluence de l'air, comme s’ils avaient entrevu que cet agent contientun principe éminemment propre à hâter la fermentation et la putré-faction des substances végétales et animales. Spiramentum omneadimendum , disaient les Romains, comme nous dirions aujour-d’hui : Évitez le contact de l’oxygène.
C’est conformément à ce principe que , pour conserver les pom-mes et les grenades, ils les recouvraient d’une couche de cire oude résine. Ils conservaient les raisins, ainsi que beaucoup d’autresfruits, dans des vases d’argile exactement fermés, et enfouis dansdu sable à plusieurs pieds de profondeur. C’était la méthode indi-quée par Vairon (l). Dans d’autres cas, ils faisaient bouillir lessubstances fermentescibles dans de l’eau avant de les enfermerdans des vases ; c’était un assez bon moyen de prévenir la fermen-tation (2).
Les olives vertes se conservaient dans une solution de sel marin,ou dans une espèce de saumure qu’on emploie encore aujourd’huidans la même intention (3).
§ 78.
Œufs.
Le jaune et le blanc de l’œuf avaient de nombreux usages en mé-decine. On connaissait depuis longtemps la propriété qu’ont lesœufs de noircir la vaisselle d’argent; mais c’est de nos jours seu-lement qu’il est démontré que celte propriété est due au soufre quientre dans la composition de la substance de l’œuf.
La coquille d’œuf ainsi que les coquilles d'huîtres donnent, di-saient les anciens, de la chaux; ce qui est exactement vrai.
Une circonstance propre à nous donner une haute idée desconnaissances des anciens relatives à la chimie, c’est qu’ils fai-saient, avec du blanc d’œuf et de la chaux vive, une espèce demastic pour luter le verre [ l). Ce lut était employé, jusque dans
(1) Pline, xv, 17.
(2) Ce moyen rappelle la méthode d’Appert, proposée de nos jours.
(3) Pline, xv, 6.
(4) Pline, xxix, 3.