226
niSTOIRE DE J.K CtlIMTE.
§ 5 -
Initiation. — Peines infligées aux parjures.
Le serment d'initiation était un serment terrible. Les initiés en-gageaient leur silence en jurant par les quatre éléments, parle cielet l’enfer, par les Parques et les Furies, par .Mercure et Anubis , parCerbère et le dragon Kercouroborus.
Des statues d’Harpoerate, placées dans les rues et les carrefours,rappelaient aux initiés le devoir du silence.
Le dieu du silence portait, en langue égyptienne, le nom deMot h, qui rappelle l’hébreu r "2 , mort, mourir. Quel était legenre de mort infligé aux sacrilèges? Le poison.
Je serai peut-être assez heureux pour démontrer ici que le poisonavec lequel ou faisait périr ceux qui avaient trahi leur sermentétait précisément le poison le plus énergique que l’on connaisse, etdont l’action est presque aussi instantanée que celle de la foudre.C’est avoir déjà nommé l'acide prussique.
Selon 31. Duteil, auteur d'un Dictionnaire des hiéroglyphes, onlit sur un des papyrus du Louvre : « Ne prononcez pas le nom deI.AO, sous la peine du pêcher. »
En effet, des auteurs anciens À) nous apprennent que la feuilledu pécher était consacrée au dieu du silence. Si, comme le prétendPlutarque , c’est parce que la feuille du pêcher est l'image de lalangue, il faut au moins avouer que c’est un exemple bien malchoisi pour donner une idée de la forme de cet organe. D'ailleurs,ce philosophe étant complètement étranger aux opérations de l’artsacré, devait nécessairement ignorer la raison de la préférencedonnée à cet arbre.
On sait que l'acide prussique a pour signe caractéristique Codeurdes Heurs du pêcher ou de l’amande pilée du noyau de la pèche, etqu’en soumettant cette dernière partie, avec un peu d’eau, à ladistillation, on obtient le poison en question, surtout si l’on a soind’arrêter l'opération à temps, et de ne recueillir que les premièresvapeurs qui viennent se condenser dans le récipient convenable-ment refroidi.
(l) Plut., in Is. et Os.