PREMIÈRE ÉPOQUE. 225
sont identiques, si l’on ne savait pas qu’ils sont constitués exacte-ment des mêmes éléments, de la même quantité de soufre et de lamême quantité de mercure.
Combien un phénomène si étrange, qui parait à nous-mêmesencore aujourd’hui inexplicable ( car le mot isomérie n’expliquerien), ne devait-il pas frapper l’imagination des chimistes an-ciens , déjà si accessibles à tout ce qui semblait merveilleux et sur-naturel?
Le noir et le rouge ne sont rien moins que les symboles des ténè-bres et de la lumière, du mauvais et du bon principe ; et la réunionde ces deux principes représentait, dans l’ordre moral, l’univers-Dieu. Nous reviendrons plus bas sur cette idée panthéistique, quia sans doute beaucoup contribué à établir ce fameux principe,adopté par les alchimistes, que tous les corps, et principalementles métaux, ont pour éléments le soufre et le mercure.
7. Lorsqu’on analyse les substances organiques, en les chauffantdans un appareil distillatoirc, on obtient un résidu solide, desliquides qui passent à la distillation, et des esprits qui se dé-gagent.
Ces résultats venaient à l’appui de l’ancienne théorie, d’aprèslaquelle la terre, Veau , l'air et le feu formaient les quatre élé-ments du monde. Le résidu solide ( charbon) représentait la terre;les liquides de la distillation représentaient l'eau et les esprits, l’air.Quant au feu, il était considéré, tantôt comme un moyen de puri-fication , tantôt comme l ame ou le lien invisible de tous les corps.
Les expériences et les opérations que je viens d’indiquer, et dontil serait inutile de multiplier le nombre, étaient connues depuislongtemps ; les prêtres d’Isis et les initiés de l’art sacré devaientavoir journellement l’occasion de les exécuter dans les laboratoiresde leurs temples.
Mais gardons-nous bien de croire que les maîtres de l’art sacréaient exposé et décrit leurs expériences, comme le ferait un pro-fesseur de chimie de nos jours. Tout était enveloppé de mystères,et leur langage symbolique, qui avait probablement une grandeanalogie avec le langage hiéroglyphique, n’était compris que desinitiés ; car il était défendu, sous peine de mort, de révéler les mys-tères aux profanes.