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Tome premier.
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PREMIÈRE ÉPOQUE. 257

un prêtre debout devant un autel en forme de coupe, ayant plu-sieurs degrés pour y monter. Et j’entendis une voix qui me criaitd’en liant •. J’ai achevé de monter et de descendre ces quinze de-grés resplendissants de lumière.

« Ayant entendu le prêtre officiant devant l’autel, je lui deman-dai quelle était cette voix retentissante dont les sons avaient frappémon oreille. Le prêtre me répondit en disant ( 1 ) : Je suis celui qui| est ( elu-l 5 wv), le prêtre du sanctuaire, et je suis sous le poids dela puissance qui m’accable. Car, à la pointe du jour, vint un en-voyé qui me saisit, me tua avec un glaiv e, me divisa en morceaux ;et, après avoir écorché la peau de la tète, il mêla les os avec leschairs, et me brûla dans le feu, jusqu’à ce que j’appris que l’espritnait avec le corps. Voilà la puissance qui m’accable.

« Pendant que le prêtre me parlait ainsi, ses yeux devinrent commedu sang, et il vomit toutes ses chairs. Je le vis se mutiler, se déchi-rer lui-même avec ses dents, et tomber à terre. Saisi de terreur, jeme réveillai, je me mis à réfléchir, et à me demander si c’était là lanature et la composition de l’eau. Et je me félicitais moi-même d’a-voir raisonné juste.

« Bientôt je m’endormis de nouveau, et j’aperçus le même autel ;et sur eet autel je vis de l’eau bouillir avec bruit, et beaucoupd'hommes dedans. Ne trouvant personne dans le voisinage pourm’informer de ce phénomène, je m’avançai pour jouir du spectaclede l'autel. Je remarquai alors un homme aux cheveux gris, maigre,qui me dit : Que regardes-tu? Je regarde, lui répondis-je, avecsurprise le bouillonnement de l’eau, et les hommes qui y cuisenttout vivants (2).

« Le spectacle, reprit-il, que tu vois, est l’entrée, la sortie et latransmutation ( uu-Totêo)^}. Et je lui demandai quelle était cette trans-mutation. C’est, me dit-il, le lieu de l’opération qui porte le nomde purification ; car les hommes qui veulent devenir vertueux s’vrendent, et deviennent des esprits en fuyant le corps. Et je lui de-mandai -. Es-tu aussi un esprit? Je suis, me répondit-il, un esprit,et le gardien des esprits.

(1) ’Ansxjivaïo |j m )iytoy (’'—ïO "SI''), style de l'Écriture sainte.

(2) 11 est probablement fait allusion aux eaux du Nil , qui, au solstice d’été,débordent, et, étant refoulées par les vents du nord, semblent être en ébul-lition. C’était alors le moment de se jeter dans ce lleuve pour s’y purifier.

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