Band 
Tome premier.
Seite
267
JPEG-Download
 

207

NI KM1ÈRE ÈrOQl'E.pense de tout ce que j’ai fait pour vous ! » Démoerite osa lui faireplusieurs questions; et, entre autres, il lui demanda comment ilfallait disposer et combiner entre elles les natures (l). Pour touteréponse, le maître répliqua : «Les litres sont daus le temple. »Toutes les recherches de Démoerite, pour trouver ees livres, furentinutiles. Quelque temps après, ce philosophe se rendit au templepour assister à une grande fête. Haut à table avec ceux qui com-posaient l'assemblée, il \it une des colonnes du temple s’entr’ou-viir d'elle-même. Alors Démoerite, s'étant baissé pour regarderdans l'ou\erture de la colonne, y aperçut les litres indiqués par lemaître. Mais il n’y vit autre chose que ces trois phrases : Lu naturese réjouit de la nature (•/) ovsi; -j, Tî'prcîTai) ; la nature triom-phe de la nature (r, tv vi'xa); la nature commande à

la nature (vj 'ÿûïiç rf,v cpücuv xpaxei). Nous fûmes tort étonnés, ajouteDémoerite, que toute la doctrine du maître fût renfermée en si peude mots. »

J 'aurai plus d’une fois l'occasion de faire toir que les alchimistesdu moven âge n’ont été que les imitateurs serviles des maîtres del'art sacré, qu’ils 11 e faisaient souvent que copier, jusqu'aux anecdotesdont ils défrayaient la crédulité du public. Car l’histoire de lacolonne qui s’entr’ouvre se trouve, au xiv e siècle, littéralement ap-pliquée à un prétendu moine allemand, Basile Valentin . « Une descolonnes de l'église d'Krfurth, racontent les alchimistes, s’étant en-trouverte tout à coup comme par miracle, on y trouva les écrits dece bénédictin. » O servum pecus !

Pour faire de l'or, Démoerite (<I>jauà xa'i Muomà, Ms. 2326) con-seille l'anagallis (primevère) et le suc du rhapontic ou de la rhu-barbe du Pont (^aTTOVTtXOv).

Il indique encore une foule d’autres recettes pour faire de l’or.On n’a que l’embarras du choix. Voici une de ces recettes : « Prenezdu mercure, fixez le avec le corps de la magnésie ou avec le corpsdu stibium d'Italie , ou avec le soufre qui 11 ’a pas passé par le feu, ouavec l'aphroselinum ou la chaux vive, ou l'alun de Mélos, ou l'arsenic,ou comme il vous plaira ; et jetez la poudre blanche sur le cuivre ;alors vous verrez le cuivre perdre sa couleur. Versez de la poudrerouge sur l'argent, et vous aurez de l’or ; si c’est sur de l’or que vousla projetez, vous aurez le corail d’or corporifié. La sandaraque pro-duit cette poudre rouge, de même que l'arsenic bien préparé, et le

(1) "Oî;<ü; àpnitKo Ta; çvffsi;.