PREMIÈRE ÉPOQCE. 27ô
« Le grand Zosime dit que le mercure est l’eau divine ( sulfu-reuse?) (l) qui s’est déposée dans les vases. — Il a parlé sommaire-ment de tout l’œuvre, et il a démontré, dès le commencement, lafin de l’art.
« Interrogeons-le. Quel est l’argument de ce qu’il dit? Pourquoisolidifier le mercure avec la magnésie ? A quoi servent aux anciensles livres, les invocations, les fourneaux et les instruments? Toutn’est-il pas facile? C’est, ô disciple de Démocrite , alin que l’onexerce votre intelligence; car, lorsque l’intelligence a trouvé lemoyen de s’éclairer, elle connaît tout, parce qu’elle participe de tout.L’homme, par sa nature, n’est pas Dieu, mais l’image de Dieu quidit à son Fils et au Saint-Esprit : Faisons l'homme à notre image età notre ressemblance. Car qu’as-tu que tu n'as reçu? dit. le hérautdelà piété, 1 apôtre saint Paul. Et si tu as reçu, pourquoi te glorifies-tu,comme si tu n'avais pas reçu? Saint Jacques, l'inspiré de Dieu (’l-ixoï-Goç ô OidirvEuiTo;), dit des choses analogues. Tout don parfait estd'en haut, descendant du Père des lumières. Comme aussi lui-mêmele dit, le Dieu et le Seigneur de toutes choses, notre maître ù tous :Vous ne pouvez rien prendre de vous-même qui ne vienne d’enhaut, du Père qui est dans les cieux. 11 nous faut donc, avant tout,demander à Dieu , chercher, et frapper à la porte, afin que nousrecevions. Car demandez, dit l'oracle divin, et on vous donnera ;cherchez, et vous trouverez; frappez, et on vous ouvrira. Car qui-conque demande reçoit, et quiconque cherche trouve, et on ou-vrira à celui qui frappe (à la porte .
« Il faut que chacun considère ce qu’il croit pouvoir demander;autrement il s’éloigne de son but et prie en vain. ».
«Pénétrés de ces paroles du philosophe Zosime , nous allonscommencer nos investigations :
« Qu’est-ce que le mercure et la magnésie - cîiaa vf^ pavvr.aîai;) ? Laconjonction disjonctive ( oi-zÇeuxtixôv aûvÎEsuov) doit ici être prisepour la conjonction copulative (àrri TOU auuTT/.EXTOtdû euvoéapou),alin qu'on obtienne les nombres trois, cinq et sept, et que les joursde la putréfaction soient, selon Démocrite , au nombre de quinze.Fit le divin Zosime , en parlant des eaux divines ou sulfureuses, ditque les deux ne font qu'un ; que le composé blanc et l'eau de soufresont une seule et même chose mercure). —Ainsi, le soufre mêlé au
(I) Heïov signifie à la fois divin et soufre. Les alchimistes n’ont pas laissééchapper l’occasion qui se [(résente pour jouer sur cette équivoque.
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