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HISTOIRE DE LA CHIMIE.
sa rivale, par le moyen d’une couronne enduite de ’ la-quelle prit l'eu à l'approche de la flamme de l'autel 1).
Nous venons tout à l'heure que la plupart de ces substancescombustibles, depuis longtemps connues des anciens, entraientdans la composition du laineux feu grégeois, dont on a beaucoupexagéré les effets.
Les prêtres imitaient, disent les historiens, la foudre et le ton-nerre dans la célébration des mystères d'Isis et d’Éleusis ; ils fai-saient voir et entendre ces phénomènes aux personnes qui voulaientse faire initier. Les auteurs anciens parlent avec étonnement de latémérité de Salmonée, qui prétendait imiter le tonnerre et l'éclair (2).l)io Cassius rapporte que Caligula se vantait de tenir tête à Jupiter,en répondant à ses foudres par d’autres foudres lancées en l’air àl’aide d’une machine ( 3 ).
Anthémius deTralles embrasa, d’après ce que raconte Agathias ,la maison de Zénon le rhéteur, son voisin, en y lançant la foudreet le tonnerre ( 4 ). Ce meme Anthémius savait aussi imiter les trem-blements de terre.
Les Indiens paraissent avoir, depuis longtemps, connu un mé-lange combustible analogue à la poudre à canon ou au feu grégeois.Philostrate raconte que les sages de l'Inde repoussaient l’ennemi àcoups de foudre et de tonnerre (A). Quant au feu de Siva et à ce« foyer mystérieux qui brûle dans la profondeur des mers, » il fautprendre ces paroles de Douchmanta [Sacountala, drame de Cali-dasa dans un sens purement allégorique.
Le l'eu automate ( 7rùp duToitâ-rov ), dont parlent Athénée et Julesl’Africain, ressemble tout à fait au feu grégeois. Le premier nenous donne là-dessus aucun détail ; il dit seulement qu’un certainmagicien, nommé Xénophon , savait faire, entre autres, un feuautomate, ou spontanément inflammable (0). Jules l’Africain estbeaucoup plus explicite. Voici ce qu’il nous apprend sur le feuautomate ■.
« Le feu automate se prépare de la manière suivante : Prenez
(1) Pline, 11 , 105. Les anciens tiraient de l’huile de naphthe ou de pétrole prin-cipalement des environs de Babylone .
(2) Virg. .En., VI, 585. Valer. Flaccus, 1 , 602. Hygin. , fab. 61 et 250.
(3) Bpovraî; èx ar.yavr; vivo; àvTcëfôvra. Dio Cass., Hist. rom., in Calig., p. 662.
(4) Agath. Myrinaeus, de rebus gestis Justiniaui, v, p. 151. Paris , 1660, in-fol.
(5) Philostrat., Vit. Apollon. , n, 33.
(6) Athen., p. 10, lig. 20, édit. Basil.