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HISTOIRE HE LA CHIMIE.
Suivent ensuite plusieurs mélanges combustibles, dont la prépa-ration est conçue d’après les idées alchimiques (voy., à la fin duvol., le texte latin de Marcus Grtmis). L’auteur prétend qu’aucunde ces mélanges ne peut être éteint par le feu, et que celui-ci ne feraitqu’accroitre l’incendie (majus parabit incendium).
“ Moyen de saisir le leu avec les mains, sans se faire aucun mal :On dissout de la chaux dans de l’eau de fèves chaudes; on y ajouteun peu de terre de Messine , de mauve et de viscum. On se frotte lesmains avec ce mélange, et on le laisse se dessécher. »
L’auteur indique ensuite une autre recette du même genre : utaliquis sine lœsione comburi videalur.
Feu grégeois. — « Le feu grégeois se fait de la manière sui-vante : Prenez du soufre pur, du tartre, de la sarcocolle ( espècede résine), de la poix, du salpêtre fondu, de l'huile de pétrole et del’huile de gemme. Faites bien bouillir tout cela ensemble. Trempez-y ensuite de l’étoupe, et meltez-y le feu. Ce feu ne peut être éteintqu’avec de l’urine, avec du vinaigre ou avec du sable (l).
« Veau ardente (aqua ardens ) se prépare de la manière suivan-te : Prenez du vin de couleur foncée, épais et vieux. Ajoutez à unquart de ce vin deux onces de soufre pulvérisé, deux livres detartre provenant de bon vin blanc, deux onces de sel commun;mettez le tout dans une cucurbite bien plombée et lutée ( subditaponas in cucurbita bene plumbata) , et après y avoir apposé unalambic, vous distillerez une eau ardente (distillabis aquatn ar-dentem ) que vous conserverez dans un vase de verre bien fermé. »
Ce qu’il y a de curieux, c’est qu’un peu plus loin Marcus Græcusdécrit la distillation de l’essence de térébenthine, qu’il appelle éga-lement aqua ardens , eau ardente ; ce qui peut faire penser, avecjuste raison, que toutes les huiles essentielles portaient primitive-ment, ainsi que l'alcool, le nom d 'eaux ardentes.
« Prenez, dit l’auteur, de la térébenthine, distillez-la par un alam-bic ( distilla per alambicum), et vous aurez ainsi une eau ar-dente qui brûle sur le vin, après qu’on l'a allumée avec une chan-delle ( candela ). #
Ceci explique peut-être pourquoi on disait que le feu grégeois brû-lait sur l’eau : c’est que ce n’était pas là de l'eau commune, mais
(1) Valturius, de re militari (u, 9), donne la composition suivante du feugrégeois : charbon de hois, nitre, eau-de-vie, soufre, poix, myrrhe, camphre; onsaupoudre avec ce mélange la laine, l’étoupe, etc.