PREMIÈRE ÉPOQUE. 289
des eaux ardentes, des huiles essentielles, et notamment l’huile detérébenthine, mises en contact avec d'autres substances trés-com-bustibles.
Enfin, l’auteur termine eu donnant la description de plusieursespèces de feux volants. «On peut, dit-il, faire un feu volant(ûjnis volans in aëre) avec un mélange de salpêtre, de soufre etd’huile de lin ; ce mélange , étant mis dans un tube ou jonc creux( canna) (l), peut, après avoir été allumé, s’élever dans l’air. Onfait aussi, continue l’auteur, une autre espèce de feu volant, avec dusalpêtre, du soufre, et des charbons de vigne ou de saule. Ce mé-lange étant mis dans une mèche faite avec du papyrus ( in tenta depapyro facta positis), s’élève, après avoir été allumé, rapidementdans l’air. Pour faire ce mélange, il faut avoir soin que la quan-tité employée de charbon soit triple de celle du soufre, et que celledu salpêtre soit triple de celle du charbon. » C’est là, à peu de choseprès, la composition de la poudre à canon.
Ç 29.
Thémiste.
Nous avons déjà eu l’occasion de citer ce philosophe, pag. 228.Les ouvrages mystiques et alchimiques attribués à Thémiste appar-tiennent-ils réellement à l’ami de l’empereur Valeus (3G-I avant J. C.),au célèbre sophiste grec, commentateur de quelques œuvres d’A-ristote ? C’est ce qui ne parait pas probable. Y aurait-il un pseudo-Thémiste alchimiste, comme il y a un pseudo-Démocritechercheurde la pierre philosophale ? A quelle époque a vécu ce pseudo-Thé-miste? Ces questions sont à peu près impossibles à résoudre. S’ilétait permis d’émettre une conjecture, nous inclinerions à penserqu’il vivait vers- le vn e ou le vm' siècle. Dans tous les cas, Thémistel’alchimiste devait être chrétien, et postérieur à Thémiste le sophiste,qui était païen.
D’ailleurs, en parcourant la liste des manuscrits grecs de Thé-miste delà Bibliothèque royale, ou n’en trouve aucun qui traite, soitde l’alchimie, soit de la magie. Les passages suivants, extraits d’un
(1) Ce tube creux u’est autre chose c|u’une espèce de canon a fusil; car lenom de canon vient évidemment lui-mème du mot canna, qui est ici einplovépar Marcus Grains.
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