niSTOIRE DE LA CHIMIE.
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manuscrit contenant les œuvres de Tliémiste, philosophe hermé-tique, viendront à l’appui de nos assertions v l).
Deséléments actifs, l’air et le Jeu (p. 207). « L’air universel estle ciel. Les vertus des autres corps y passent comme par un crible.C’est le premier corps diaphane qui reçoit toutes les qualités et n’enretient aucune. Il approche de la nature spirituelle; et pour cela ilest sous-entendu dans le magistère des sages sous le nom d’ange, degénie, de démon , d'esprit. La région inférieure de l’air est commela gorge d’un alambic, par où les vapeurs montent jusqu’à sa partiesupérieure, oit elles se condensent en nuées par le froid, et, réduitesen eau, elles retombent aussitôt. C'est ainsi que la nature, en subli-mant et cohobant l'eau par une distillation assidue et réitérée, larectilie et la fortifie. Dans ces operations, la terre est à la fois lacucurbite et le récipient. »
Cette image, aussi vraie que grandiose, suppose une connaissancetrop approfondie de la pratique et de la théorie de la distillation.pour pouvoir appartenir à Tliémiste le sophiste.
Des talismans (p. 85). «Il est encore certain que tous lestalismans ont donné lieu aux superstitions les plus extravagantes;et quoique les sages qui les ont inventés n'aient prétendu les donnerque comme autant d’emblèmes sur les opérations du grand œuvre,cependant les superstitieux en ont fait un usage bien différent, enprenant à la lettre toutes les propriétés que les sages n’ont attribuéesà ces talismans que figurativement. Ils s'imaginent que toutes lesvertus extérieures qui leur ont été attribuées sont véritables, et ilsy mettent toute leur confiance. Enfin, la superstition est tellementrépandue sur la terre, que les personnes les plus sensées ont biende la peine à s'en défendre. La raison seule peut bien, à la vérité,leur faire sentir le ridicule de tout ce qui est superstitieux et faux ;mais comme ces personnes ignorent la véritable cause de la supers-tition, il leur reste toujours des doutes qui les inquiètent. Il n'y a
il) Ce manuscrit m’a été communiqué par M. Javary. L’écriture est «l’uneépoque très-récente. On y lit au commencement une épitre dédicatoire adrcssi'ea l’empereur Valens . L’auteur, après avoir parlé en vrai préilicateur, se ravisetout à coup. «Vous êtes sans doute étonné, dit-il à l’empereur, qu’un païentienne un pareil langage. Mais la connaissance de Dieu est tellement nécessaireaux sages, qu’elle a toujours fait le premier objet de leurs recherches; et ce n’esique par la certitude de cette connaissance qu’ils sont parvenus à celle du grand
oeuvre »_Il est impossible qu’un philosophe jiaïen se soit exprimé ainsi, surtout
dans un temps où le chri-tianisme était encore persécuté par les empereurs.